Pascal Sevran au banc des accusés

Pascal Sevran au banc des accusés

Au début du mois de décembre, la communauté noire de France a été l’objet d’une nouvelle attaque raciste faite cette fois par l’animateur de télévision France 2, Pascal Sevran. L’écrivain animateur, âgé de 61 ans, avait déclaré, dans un entretien accordé au quotidien français «Var Matin», en reprenant des propos publiés dans son livre «Le privilège des jonquilles», que «La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique». Selon ses dires, «l’Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète !». Quelques jours plus tard, l’animateur télé a présenté ses «excuses aux hommes et aux femmes» qu’il a pu peiner.
Malgré ces excuses, les propos racistes de Sevran qui visaient spécialement le peuple nigérien ont poussé le gouvernement du Niger à saisir les tribunaux français. Dans un communiqué lu à la radio, Mohamed Ben Omar, porte-parole du gouvernement nigérien, a déclaré, samedi 16 décembre, avoir « décidé de saisir les tribunaux français pour que justice et réparations soient faites ».
L’interview de Pascal Sevran est venue à point nommé pour permettre aux associations et collectifs de la communauté noire de jouer leur rôle dans la société française.  Néanmoins, les représentants de la population noire n’ont pas réussi à dépasser leurs désaccords.
Le Collectif DOM (Antillais, Guyanais, Réunionnais) s’oppose ainsi aux Africains du Conseil représentatif des associations noires (Cran). Selon une représentante du Collectif, « le Cran défend les Africains, il ne peut décider de parler au nom de tous les Noirs », raison pour laquelle cette militante a demandé la dissolution du Cran. Un autre membre du Collectif déclare, quant à lui, que le Cran est une association de « racistes » qui « définissent les gens par leur couleur de peau ». Du côté du Cran, silence radio. L’association a préféré ne pas entrer dans cette polémique.
Ces rivalités entre les représentants de la population noire dans l’Hexagone s’expliquent par la volonté de chacun d’eux de vouloir être l’unique interlocuteur de cette partie des populations établies en  France. En revanche, elles ne font pas avancer la question concernant la place de la population noire. D’autant plus que le sociologue Eric Fassin estime que des propos racistes comme ceux prononcés par Paul Sevran et qui ont l’effet d’une bombe, donnent plus de chances à la communauté noire pour qu’on parle d’elle, de ses problèmes surtout que la conjoncture monopolisée par la campagne des élections présidentielles 2007 ne leur semble pas «favorable».

Des précédents racistes

La communauté noire en France a été plusieurs fois victime d’attaques racistes. On se souvient qu’après les émeutes dans les banlieues, l’historienne française, Hélène Carrère d’Encausse, les a justifiées par la polygamie. «Beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants.» Autre personnalité et non des moindres, le socialiste Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, qui avait déclaré que dans l’équipe de France de football «il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre (…). S’il y en a autant, c’est parce que les Blancs sont nuls (…). Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine».

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