Pays-bas : procès pour génocide

Le tribunal de La Haye a entamé dès le début de la semaine le procès d’un négociant en produits chimiques, Frans van Anraat, accusé de complicité de génocide pour avoir fourni dès 1984 des produits utilisés par le régime de Saddam Hussein, notamment lors du massacre de Kurdes à Halabja en 1988. "Van Anraat, ancien homme d’affaires néerlandais, est poursuivi pour crimes de guerre et génocide, pour avoir livré les produits chimiques nécessaires à Saddam Hussein pour fabriquer des armes chimiques", a annoncé le procureur spécial pour les crimes de guerre, Fred Teeven, au début de l’audience. Van Anraat, 63 ans, est la première personne jugée pour ce génocide, le crime le plus grave du droit international, selon l’organisation Trial Watch, basée à Genève. Il avait été arrêté en décembre 2004.
Dans une motion préliminaire, la défense a demandé à la cour de se déclarer incompétente et de remettre son client en liberté, arguant que le principal suspect dans ce dossier, Saddam Hussein, devait être jugé sur la base des mêmes accusations, en Irak. Le massacre d’Halabja, qui a fait 5.000 morts en une journée, fait partie de la liste des crimes dont est accusé Saddam Hussein, mais ne lui vaut pas encore d’inculpation formelle.
L’ancien président irakien et sept autres responsables de son régime sont jugés depuis le 19 octobre pour le meurtre en 1982 de 143 chiites du village de Doujaïl (au nord de Bagdad). La défense a également affirmé que le procès n’était pas équitable, les accusations se concentrant sur Van Anraat et non sur un autre suspect, qui était l’associé en affaires de l’accusé. Le procureur a rejeté ces demandes, mais les juges devaient encore se prononcer. Selon le procureur, les attaques aux armes chimiques perpétrées par Bagdad ont fait "des milliers de morts en Irak et en Iran ". Il estime que "l’accusé est coupable de graves crimes internationaux". Van Anraat, en cardigan bleu, grisonnant, a suivi le début de son procès depuis le banc des accusés, l’air sûr de lui. Outre Halabja, il est accusé d’être complice de plusieurs attaques au gaz dans les villages de Goktapa et Birjinni, mais aussi en Iran, en 1986 et 1988.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *