Peillon, le socialiste qui se distingue

Peillon, le socialiste qui se distingue

Son visage au sourire triomphant a occupé tous les écrans de l’actualité au risque d’éclipser la rentrée politique tambours battants de Nicolas Sarkozy. Et pour cause, sa démarche de réunir à Marseille le week-end dernier de nombreux responsables politiques de la gauche dite plurielle, Verts, PCF, Europe écologie et même le MoDem en la personne de sa vice-présidente Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, incarne le grand débat du moment. Cet homme, c’est Vincent Peillon, député socialiste européen, un proche de Ségolène Royal. C’est le même homme qui, en pleine campagne électorale, avait fait exploser les contradictions de l’actuelle direction du PS lorsque, publiquement il avait dénoncé son parachutage dans le sud-est alors qu’il avait cultivé ses réseaux et son implantation dans le nord-est. Ce qui lui avait valu une cuisante défaite, et montré par la même occasion à quel point Martine Aubry manquait de flair politique et était complètement obnubilée par les petits calculs d’appareils. Vincent Peillon n’est pas peu fier d’avoir pu construire une des images les plus fortes de l’été lorsque sous la banderole «l’espoir est à gauche», il a pu créer la sensation politique estivale en réunissant dans un même cliché des hommes et des femmes comme Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias du MoDem, Daniel Cohn-Bendit (Verts), Robert Hue du PCF, Christiane Taubira du PRG. Même si certains ont pu moqué méchamment la présence de Robert Hue et Christiane Taubira que beaucoup croyaient politiquement morts, cette rencontre fait événement.
Vincent Peillon avait su trouver le ton grandiloquent pour résumer l’esprit de cet instant précieux : «J’espère que ce qui a été refusé jusqu’à présent sera maintenant médité. La responsabilité historique de notre génération est d’ouvrir le nouveau cycle politique dont nous avons besoin». Ce à quoi Marielle de Sarnez avait répondu avec une petite musique remplie de promesses : «Nous venons d’horizons divers, mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui (…) alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise». Vincent Peillon a longtemps personnifié l’impitoyable combat que se livraient les deux dames du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal pour le contrôle de la rue de Solferino.
Avant de rejoindre Ségolène Royal, Vincent Peillon s’était distingué avec ses collègues quadras du PS, Arnaud Montebourg et Julien Dray par cette obsession toujours vivace de rénover le Parti de la Rose. Lourdement pressenti pour succéder à François Hollande, Vincent Peillon dut jeter l’éponge lorsque Ségolène Royal avait enfin décidé de mener le combat pour le poste du premier secrétaire, avec la défaite et les fissures largement médiatisées. Malgré de nombreuses déceptions, Vincent Peillon demeurera un fidèle de Ségolène Royal dont l’ombre écrasante semble être un frein à son épanouissement.
La rencontre de Marseille parrainée par Vincent Peillon fut perçue par beaucoup comme une répétition à blanc de ce que doit être l’université d’été de la Rochelle prévue à la fin de ce mois et au cours de laquelle Martine Aubry est attendue au tournant. Au menu, un agenda imposé : les primaires à gauche et les alliances avec le MoDem.
En effet, le débat sur les primaires initié par le fougueux Arnaud Montebourg et timidement illustré par le cliché de Marseille pose un vrai défi à Martine Aubry.
La première secrétaire du PS sent qu’à travers  toute cette agitation, l’intention est de lui forcer la main pour que le choix de la désignation du candidat qui portera les couleurs de la gauche lors de la prochaine échéance présidentielle, ne soit pas enfanté par un traditionnel calcul d’appareils mais par une vraie opération de vote ouverte à tous ceux qui s’opposent à Nicolas Sarkozy. L’actuelle direction du PS donne l’impression d’être dans un tel embarras que même le porte-parole Benoit Hamon, traditionnellement disert sur tout, n’arrive plus à trouver la formule idéale pour dire les priorités de son parti : «l’urgence pour la gauche -pour commencer, que ce soit bien clair- est de se rassembler et les primaires peuvent être le moyen de se rassembler, à condition qu’on ait aussi un projet de gauche».

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