Périscope : Arrogance

Les Etats-Unis n’ont pas besoin d’une deuxième résolution des Nations unies pour attaquer l’Irak, soutient l’Administration Bush. Pourquoi donc réunir le Conseil de sécurité, pourquoi déplacer des inspecteurs en désarmement et pourquoi donner au monde l’impression de l’attachement aux principes qui fondent le droit international?
Les craintes d’une guerre imminente découlent des déclarations de hauts responsables américains qui affirment que leur pays ne prolongera pas le débat sur l’Irak au-delà de la semaine prochaine parce que, disent-ils, les Etats-Unis ont suffisamment d’autorité légale pour envahir l’Irak sans une nouvelle résolution du Conseil de sécurité.
La planification de l’Irak de l’après-guerre se poursuit d’ailleurs avec l’élaboration de plans détaillés concernant le futur de ce pays. Les Etats-Unis maintiennent donc le cap de la guerre sans se soucier le moins du monde de l’opinion publique internationale opposée dans sa quasi-totalité, à une frappe contre Bagdad. Avec la morgue insupportable et mal venue, après les manifestations massives de l’opinion internationale et l’opposition d’une majorité de membres de l’ONU, des Non-alignés, du monde arabe, des pays islamiques, l’Administration américaine continue de proclamer que si elle est dans une fenêtre diplomatique, le statut quo ne peut pas durer : « Il est temps que cela finisse, c’est assez », n’hésite pas à proclamer Condoleezza Rice, conseillère pour la sécurité de George Bush. La vieille antienne américaine reprend le dessus, et elle n’est pas en reste puisqu’elle n’hésite pas à afficher son mépris pour les Etats et les Nations qui s’opposent à la guerre et à l’expansionnisme américain. Rice, Rumsfeld et autres faucons de la Maison Blanche ont beau ne pas faire dans la dentelle, faire les gros yeux, menacer et s’agiter, la réalité est têtue. Elle est incontournable car le refus de la frappe programmée contre Bagdad, en dehors d’une décision du cadre légale de l’ONU, est largement majoritaire dans les opinions publiques et parmi les gouvernements.
L’Administration Bush veut une résolution du Conseil de sécurité autorisant, dès cette semaine, le recours à la force. Mais, si cela s’avère impossible, alors qu’à cela ne tienne, elle ira quand même envahir l’Irak. Peut-on être plus arrogant ? Peut-on imaginer plus grand mépris pour le monde ?
Les doutes sur leurs réelles intentions en Irak sont donc légitimes. Le désintérêt affiché vis-à-vis du génocide qui guette le peuple palestinien et la bénédiction dont les Etats-Unis entourent Sharon, le justifient largement.

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