Périscope : Atermoiements

Le manque de sécurité en Irak se confirme de jour en jour, aggravant la précarité de la situation sur le terrain. La reconstruction et la mise en place d’un gouvernement représentatif se font attendre, rendant du coup la présence étrangère encore plus insupportable. Résultat, de plus en plus d’attaques contre les soldats de la coalition qui à leur tour se focalisent sur l’élimination de toute résistance au lieu de tenir leurs engagements concernant la réorganisation de la vie politique et économique d’un pays en principe libéré.
Cette résistance, organisée ou spontanée on ne sait encore, s’explique selon certains analystes par l’incapacité des Américains à empêcher les pillages après la chute de Saddam Hussein. « La période de temps à partir de laquelle les gens qui vous avaient accueillis en libérateurs s’impatientent est brève, trois mois seulement », assurent l’ex-ambassadeur Peter Galbraith. Une solution s’impose d’elle-même dans ce pays, le fédéralisme à travers l’autonomie des Chiites au Sud, celle des Kurdes au Nord et des Sunnites au Centre. Il faut aussi restaurer le service public, créer des emplois et imposer la discipline. Faute de quoi, les Irakiens continueront à chercher ailleurs des solutions à leurs problèmes domestiques quotidiens. Ils continueront aussi à faire subir aux forces américaines et anglaises des contretemps comme on le voit tous les jours. Les soldats de la coalition font ainsi face de plus en plus à des groupes qui les attaquent partout en Irak et pas seulement à Bagdad et ses environs. Six soldats anglais viennent de payer le prix fort des atermoiements de leurs dirigeants. Le message est clair, le Peuple irakien veut choisir lui-même son gouvernement sans interférences étrangères.
En attendant, il doit faire face à des problèmes politique, économique et identitaire innombrables. Des lacunes qui retardent tout redressement dans l’immédiat. La situation est très complexe car, apparemment, même l’occupant anglo-américain ne semble pas disposer d’un vrai programme  qui rassure les Irakiens et ouvre la voie à une réelle relève. L’hyper-puissance des Etats-Unis doit prioritairement s’atteler à initier un début de dialogue constructif, stratégique et complet avec toutes les composantes de la société irakienne, sans aucune exclusion. Autrement, la porte est d’ores et déjà grande ouverte à l’enlisement qui se fait jour.

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