Périscope : Cycle infernal

En dépit de toutes sortes de médiations, Israël et les Mouvements de libération palestiniens n’ont abouti à aucune trêve susceptible de relancer la « feuille de route » pour la paix au Proche-Orient. Le Premier ministre Mahmoud Abbas négocie toujours avec les différents groupes armés pour tenter de parvenir justement à ce cessez-le-feu, alors qu’une délégation égyptienne, dirigée par un haut responsable du renseignement, n’était pas plus tôt parvenue à une percée dans ce sens. Très inquiets sur le sort de la « feuille de route », un plan de paix international prévoyant la création d’un Etat palestinien, en plusieurs étapes, d’ici 2005, les Etats-Unis pressent de leur côté Israéliens et Palestiniens de mettre fin à la violence.
Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell pourrait se rendre dans la région afin de prendre part aux efforts de médiation américaine menée par John Wolf, envoyé par George W. Bush pour déterminer les responsabilités dans le blocage actuel. Comme ses prédécesseurs, l’actuel Président américain est confronté à l’insoluble conflit israélo-palestinien alors qu’il y a une semaine, à Aqaba, il avait pu croire que sa médiation suffirait à relancer le processus de paix et mettre fin à plus de cinquante ans de guerre. Sa crédibilité est engagée.
L’issue du match des violences et contre-violences est entre les mains de l’hôte de la Maison-Blanche appelé à aider Mahmoud Abbas à asseoir son autorité ce qui passe par des pressions sur Ariel Sharon pour cesser ses violences contre les militants palestiniens. Il lui suffit de se reporter au lendemain de la fin de la première guerre du Golfe. Pour relancer la dynamique de paix, son père avait mis les gros moyens. Mais, on connaît les réticences de George Bush-fils à aller plus avant dans ce dossier. Il a vu que l’implication personnelle de son prédécesseur, Bill Clinton ne lui avait rien rapportée. Pour lui, l’enjeu est de taille alors que sa campagne électorale pour sa réélection, en novembre 2004, va démarrer.
En attendant, la conviction grandit qu’Ariel Sharon fait tout pour ne pas appliquer la « feuille de route » tout en l’acceptant en parole, pour ne pas avoir à geler la colonisation comme elle le prévoit. Les Palestiniens ne lisent pas cette « feuille de route » au gré des ballets diplomatiques mais en la liant directement à la situation sur le terrain. Alors que les initiatives se multiplient, le quotidien des Palestiniens est resté, lui, le même, avec son lot de martyres, d’arrestations, de maisons détruites, de terres confisquées et de couvre-feu.

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