Périscope : Dans la tourmente

Des tirs d’obus et des bombardements aériens ont fait trembler les murs de certaines habitations de la capitale mauritanienne Nouakchott théâtre d’un soulèvement d’une partie de l’armée. L’insurrection est considérée par le régime comme une tentative de coup d’Etat contre le Président Mouaâouiya Ould Taya, menée par des éléments de l’armée issus notamment d’une unité de blindés appuyés par des effectifs de l’armée de l’air.
Ces troubles se produisent dans un climat politique intérieur tendu suite à de nombreuses arrestations parmi les opposants : la police a en effet arrêté dans les milieux islamistes plusieurs dizaines de personnes suspectées de visées terroristes. 32 d’entre elles ont été inculpées le 3 juin de complot contre l’ordre constitutionnel, incitation à l’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat et création d’organisations non autorisées.  Depuis son accession au pouvoir, il y a près de vingt ans, à la faveur d’un coup d’Etat, le colonel Ould Taya, vainqueur des Présidentielles de 1992 et 1997, est violemment contesté par une partie de la classe politique, mais semblait tenir fermement son armée.C’est un colonel de la division des blindés radié des effectifs en 2002, Salah Ould Hnana, connu pour ses idées baâthistes qui a conduit cette tentative de putsch. Son penchant idéologique fait penser aux bonnes relations qu’entretient la Mauritanie avec les Etats-Unis et surtout avec Israël.
Des relations qui ont  provoqué de nombreuses manifestations depuis leur instauration en 1999. Le régime n’a fait aucun commentaire sur les commanditaires du putsch, lesquels ne s’étaient pas manifestés non plus sur les ondes. La radio réduite au silence a laissé place aux rumeurs les plus folles, comme celles qui affirment que le Président Ould Taya s’était réfugié dans un premier temps à l’ambassade de France, information aussitôt démentie par le Quai d’Orsay. D’autres ont fait état de la blessure sinon de la mort de certains hauts officiers de l’état-major  La Mauritanie a connu depuis son accession à l’indépendance plusieurs coups d’Etat dont deux, réussis. Les périodes les plus stables de son histoire mouvementée l’ont été sous Ould Dada et Ould Taya. Outre des rapports de force et une stabilité politique aléatoires, la Mauritanie est sous l’influence du conflit du Sahara qui conditionne les relations inter-étatiques régionales et trouve des prolongements à l’intérieur de la classe politique mauritanienne divisée sur ses alliances extérieures. Le Front Polisario y trouve un soutien qui s’est toutefois essoufflé ces dernières années depuis que Nouakchott et Rabat ont resserré leurs liens et développé leur coopération économique.

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