Périscope : Des Inconnues Irakiennes

La Maison-Blanche continue de considérer les tirs quasi-quotidiens de la DCA irakienne contre les avions britanniques et américains, survolant les zones d’exclusion aérienne au Nord et au Sud de l’Irak, comme violation patente de la résolution 1441 du Conseil de Sécurité. Cette notion, retenue par la résolution, peut servir de prétexte pour déclencher la guerre.
Dans l’absolu, cette confrontation n’est pas inévitable. Elle apparaît cependant de plus en plus comme dessein stratégique de l’exécutif américain qui affirme vouloir apporter la stabilité au Moyen-Orient à travers un nouvel ordre économique et politique. Il veut y imposer le modèle libéral pour combattre l’extrémisme et les inégalités, générateurs de terrorisme, en faisant disparaître les régimes totalitaires et corrompus, comme celui de Saddam Hussein.
À priori, cette démarche a du mérite puisqu’elle milite, en théorie du moins, pour les droits de l’homme. Elle est néanmoins pleine de périls puisqu’elle nécessite l’installation de l’armée américaine, pour une très longue période, au Moyen-Orient. L’Irak deviendrait alors un facteur de désordre dans la région.
L’administration américaine risque fort de faire fausse route en tenant des raisonnements aussi simplistes en matière des origines des conflits. En plus, le consensus ne semble plus être le fort de la diplomatie américaine revenue à son unilatéralisme d’antan, s’aliénant du coup même ses alliés les plus proches.
Les motifs de déception de ces derniers sont innombrables. Sur la question irakienne, George Bush est en train de stimuler une vague d’antiaméricanisme sans précédent, dont les effets marqueront les générations futures. Les relations des Etats-Unis et d’Israël ne feront qu’aggraver une évolution déjà perceptible.
Voilà qui augure mal de l’ambiance dans laquelle la mission onusienne de désarmement de l’Irak reprend ses inspections. Son travail s’annonce, en effet, semé d’embûches. La notion de violation patente en est un. C’est une manière pour George Bush de réaffirmer sa méfiance envers des inspections qu’il n’a jamais acceptées vraiment.
C’est dans cette ambiance que les inspecteurs de l’ONU vont reprendre ce lundi leur mission. Pour Bagdad, ils en feront toujours trop, alors que pour Washington ils n’en feront jamais assez.

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