Périscope : Des suspicions et non des preuves

La Communauté internationale demande plus de temps pour les inspecteurs en désarmement de l’Irak, dans l’espoir d’éviter un conflit majeur dont les conséquences seraient catastrophiques pour tous.
Apparemment, la majorité des membres du Conseil de sécurité oeuvre dans un même sens. Éviter une guerre et prolonger le mandat des experts onusiens. Si le danger d’une frappe unilatérale semble s’éloigner, l’hypothèse reste néanmoins envisageable, du côté américain du moins. Le président George Bush ne cache pas sa «folle envie» de parachever la mission initiée par son père en 1991, lors de la première guerre du Golfe. Celle de renverser Saddam Hussein et d’installer à Bagdad un régime inféodé. Nous sommes déjà dans une logique de guerre et certains observateurs parlent de «phase d’avant-guerre» puisque l’Administration américaine est allée trop loin dans ses avancées guerrières.
Le temps est-il compté pour Saddam Hussein ?
D’ores et déjà les Etats-Unis ont massé 150.000 militaires dans le Golfe. Ils seront bientôt 200.000, 400 avions de combat et des dizaines de bateaux de guerre, dont plusieurs porte-avions. Compte-tenu de ce branle-bas de combat, on peut se demander légitimement si Bush n’a pas déjà décidé de se passer des Nations unies et d’une coalition internationale pour aller, avec quelques alliés, mettre quelqu’un d’autre à la place de Saddam Hussein. Mais, on peut, tout autant, envisager un autre scénario.
Le triomphe des thèses françaises à travers le prolongement des délais d’inspection de l’arsenal de l’Irak pour conclure à l’existence ou nom d’armes de destruction massive. Ceux qui avec la France optent pour ce scénario rappellent qu’on ne peut légitimement s’attaquer à l’Irak sans réagir à la menace que représente l’armement nucléaire nord-coréen. Ces pays font remarquer que ce «deux poids, deux mesures» relancerait le terrorisme et frustrerait encore plus le monde arabe et musulman.
Mais pour que ce scénario aboutisse, il faut que les inspecteurs en désarmement de l’ONU parviennent à boucler convenablement leur mandat et désarmer totalement l’Irak. Vaste programme si l’on tient compte de la mauvaise foi de Saddam Hussein, un président mégalomane, coupé des réalités de son peuple et aux tendances suicidaires.
Prions donc pour qu’un miracle se produise et que le dictateur de Bagdad se décide enfin à partir.

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