Périscope : Diktats américains

Les relations entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont entrées dans une nouvelle zone de turbulences avec les accusations sur des versements de fonds à des terroristes, impliqués dans les attentats du 11 septembre, par l’épouse de l’ambassadeur saoudien aux U.S.A. Ni Ryad, ni Washington n’avaient besoin d’une telle escalade, leurs relations étant déjà en proie à de multiples et graves tensions, depuis ces attentats.
Les sources de malaise sont devenues nombreuses et les désaccords se sont approfondis, que ce soit à propos d’une éventuelle agression de l’Irak ou autour du parti-pris systématique de l’Administration Bush en faveur d’Israel. Entre ces deux pays, pourtant alliés, la crise de confiance est réelle. De nombreux responsables américains n’hésitent plus à affirmer en privé que les Saoudiens sont derrière tout ce qui se trame en matière de terrorisme et recommandent le changement de pouvoir à Ryad.
Un analyste, membre du «defense Policy Board», organe consultatif du Pentagone, est allé jusqu’à qualifier l’Arabie Saoudite d’ennemi des Etats-Unis. Ce genre de propos n’est pas fait pour calmer le jeu. Au-delà de tout anti-américanisme puéril, il faut bien admettre que l’Exécutif américain commet de grossières erreurs. S’attaquer au pouvoir saoudien est un autre faux-pas en matière de diplomatie. Les Américains doivent être conscients de l’extrême gravité d’un tel choix. C’est sur la question saoudienne que Bush est en train de commettre sa plus grossière erreur, car son hostilité à l’égard des princes saoudiens va provoquer, à coup sûr, une vague d’anti-américanisme sans précédent dans le monde arabe. Invariablement, on revient au conflit israélo-palestinien.
Pour les Arabes, et pour de nombreux observateurs, il ne fait aucun doute qu’Israël est le 51 è Etat américain, la base avancée des U.S.A. au Proche-Orient, dont l’existence est destinée exclusivement à empêcher les peuples de la région de disposer librement de leurs richesses et de vivre leur spécificité.
Tant que le peuple palestinien n’aura pas retrouvé sa patrie et sa pleine souveraineté, l’anti-américanisme continuera à proliférer. C’est une relation de cause à effet. Ryad n’aura, dans ces conditions, d’autres alternatives que de refouler les troupes américaines de son territoire, s’il continue à faire l’objet de dénigrement systématique de la part de l’establishment américain. Jamais, elle n’a été soumise à pareille pression. Devrait-elle pour autant céder aux diktats américains ?

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