Périscope : Double langage

Un célèbre écrivain parlait de ce «chat vertueux» qui ne fait pas couler de sang, mais étouffe ses victimes. Ariel Sharon, avec ses forces de répression et ses équipements sophistiqués de destruction, non seulement fait couler beaucoup de sang palestinien, mais étouffe aussi ses victimes. Violence aveugle, répression et assassinats, c’est la méthode Sharon pour régler son affaire à un Peuple qui ose résister et pour hériter de terres palestiniennes sans palestiniens.
Mais, où iraient ces Palestiniens ? Peut-être en Irak avec le soutien des Etats-Unis qui affirment vouloir remodeler la carte de ce pays et de tout le Proche-Orient. Une nouvelle configuration tout à fait israélienne, pour ne pas dire sioniste. La chute de Saddam Hussein aurait un effet de dominos sur ses voisins immédiats, à commencer par Arafat. Qui aurait l’outrecuidance de s’opposer à la volonté de George W. Bush et de l’Administration américaine ? Combien de décisions des Nations unies condamnant Israël ont été ignorées par cette dernière ? Et, combien de résolutions du Conseil de Sécurité ont été refoulées à coups de veto américain ? Washington a toujours assuré l’impunité à Ariel Sharon et à ses acolytes qui tuent et s’approprient des terres qui ne leur appartiennent pas.
Pourquoi, dès lors, s’offusquer de la position de la France qui veut faire jouer les mêmes prérogatives dans le cas irakien ?
Depuis 1990, les Etats-Unis ont usé dix fois de leur droit de veto pour éviter à Israël la condamnation de sa répression aveugle et inhumaine dans les territoires palestiniens occupés. Il suffit donc de regarder du côté de la Palestine pour se faire un avant-goût du système que George W. Bush veut exporter au Proche-Orient. Une démocratie «made in U.S.A.».
La Palestine tient lieu de symbole. La loi de la jungle s’y applique sans aucune retenue. Parce qu’Israël est la clé de voûte de la domination américaine dans tout le Proche-Orient. Il est le gendarme des Etats-Unis dont il faut à tout prix préserver l’impunité. Mais, il ne faut pas se leurrer.
La situation au Proche-Orient ne sera jamais stabilisée tant que la question palestinienne ne sera pas résolue. Le bon sens et une bonne lecture de l’Histoire nous enseignent que nous ne pouvons pas réduire la tension qui prévaut dans cette région à la seule crise irakienne. Il faut accorder une attention tout aussi stratégique à la question centrale qui est celle de la Palestine.

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