Périscope : Drôle de deal

Il n’est pas exagéré de dire que c’est la cause palestinienne qui a payé le prix le plus élevé des attentats terroristes du 11 septembre. Israël a réussi à exploiter cette tragédie au profit de ses projets expansionnistes et d’agression. Ariel Sharon a fini par convaincre les Etats-Unis que la lutte du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits historiques relevait du terrorisme et que son combat, à lui, était le même que celui de Bush. Il n’a fallu à Sharon que quelques jours pour prononcer l’équivalence définitive : «Yasser Arafat est notre Ben Laden à nous». Le président de l’Autorité palestinienne comprenait d’entrée, lui aussi, l’importance de l’enjeu, allant jusqu’à se faire photographier, de manière pathétique, donnant son sang pour les victimes des deux tours new-yorkaises. Arafat transformé en Ben Laden, cela voulait dire l’effondrement définitif de tout le processus de paix d’Oslo, de Camp David et de Charm Echaikh.
L’équation annoncée par le Premier ministre israélien est devenue la référence pour la politique américaine au Moyen-Orient. C’est elle qui a déterminé la suite du conflit israélo-palestinien et donné libre cour à Israël de s’attaquer en toute impunité aux civils palestiniens, à Jenine notamment. La mise à l’écart d’Arafat a eu une autre conséquence déterminante : Le gel du processus de paix dans la région ne gênait plus outre mesure l’administration américaine pour s’attaquer de front à l’Irak.
Amalgamer Yasser Arafat et Oussama Ben Laden comme le fait Ariel Sharon et avec lui George W. Bush, qui soutient de façon inconditionnelle Israël, explique les sentiments d’hostilité des Arabes à l’égard des Etats-Unis. Cet amalgame ravive en prime le scepticisme des peuples arabes enclins à croire, contre toute vraisemblance, que le drame du 11 septembre n’a jamais existé ou qu’il est tout au plus la conséquence d’une énorme manipulation sioniste.
Aucun autre président américain n’a montré autant de zèle à servir les desseins expansionnistes et agressifs d’Israël que l’actuel occupant de la Maison-Blanche.
Derrière cet alignement, le message est clair : Israéliens et Américains ont leur destin lié, pour le meilleur comme pour le pire. Aux Arabes d’en tirer les conséquences.

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