Périscope : Duplicité

Washington d’un côté, Paris de l’autre, deux grands pays qui dirigent deux coalitions réunies autour de plates-formes dont l’enjeu est la guerre ou la paix, avec des retombées qui vont conditionner, pour longtemps, l’avenir de l’humanité. Faut-il ou non attaquer l’Irak, pour changer son régime politique et non plus pour le désarmer, comme demandé initialement ? Le projet d’une deuxième résolution du Conseil de sécurité allant dans ce sens a été déposé par les Etats-Unis.
Le mémorandum français, quant à lui, réaffirme que l’option militaire n’est pas justifiée pour l’instant. Existe-t-il un terrain d’entente entre ces positions extrêmes ? Forcer Saddam Hussein à l’exil paraît une alternative crédible au conflit armé. Mais, une telle issue semble improbable, compte tenu du personnage même du président irakien.
Dans ces conditions, même isolée Washington peut attaquer. L’importance de sa présence militaire dans le Golfe rend cette éventualité tout à fait probable. Les objectifs d’une attaque américaine se sont clarifiés depuis l’avènement au pouvoir de l’actuelle administration, la plus à droite et la plus belliciste de l’histoire des Etats-Unis. Il s’agit notamment de réaffirmer qu’un régime qui ose défier Washington est sanctionné tôt ou tard. Il s’agit également de balayer un pouvoir qui ose afficher résolument sa position anti-israélienne. Peu de gens ont de la sympathie pour Saddam Hussein et son régime. Mais, c’est un dictateur, et c’est une dictature, parmi tant d’autres. Pourquoi le diaboliser de façon conjoncturelle, sans se soucier d’Israël et des massacres qu’il fait subir au peuple palestinien. Israël vient de se doter d’un gouvernement qui affiche publiquement son fascisme et prône le déplacement massif des Palestiniens.
Pour paraphraser le Président Yasser Arafat, disons que ceux qui ont assassiné Ytzhak Rabbin sont aujourd’hui au pouvoir en Israël. Cet aspect des choses ne dérange en rien l’actuelle équipe dirigeante des Etats-Unis. Même si Ariel Sharon et consort défient publiquement les Nations unies et l’opinion publique internationale en rejetant systématiquement, avec la bénédiction de la Maison-Blanche, ses résolutions au mépris de la légitimité à laquelle appelle aujourd’hui l’Administration Bush pour justifier ses visées sur l’Irak. Voilà pourquoi Washington passera outre le Conseil de sécurité.
Les Etats-Unis haussent le ton et trouvent des relais bien huilés à travers des complicités avérées. Le nouveau projet de résolution laisse présager une frappe à très court terme. C’est une certitude.

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