Périscope : Engrenage

Yasser Arafat a appelé les combattants de la liberté palestiniens à ne pas réagir aux provocations d’Ariel Sharon dans la perspective des prochaines législatives israéliennes, dont l’issue pourrait relancer la dynamique de paix.
Depuis qu’il est Premier ministre, Sharon s’est attelé à délégitimer le Président Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne pour en finir avec le fragile espoir créé par le processus d’Oslo. La situation qui prévaut aujourd’hui au Proche-Orient est très grave avec la radicalisation du conflit qui est en train de s’enliser par la volonté des extrémistes israéliens qui considèrent la paix comme un danger pour Israël.
Ce n’est pas faire preuve d’anti-américanisme que de mettre en garde Washington contre les dangers de son alignement systématique sur Ariel Sharon. Depuis l’élection de George Bush, les démarches entreprises par les Etats-Unis au Proche-Orient sont en totale harmonie avec les attentes israéliennes et les desiderata des maîtres de Tel-Aviv. L’Administration américaine ne cesse d’ajourner l’adoption de la «feuille de route», dernier espoir pour une paix négociée, jusqu’à la tenue des élections en Israël, contrairement à l’avis de l’Union européenne et de la Russie, parcequ’elle table sur la réélection de Sharon.
Les Etats-Unis n’ont pas non plus le droit de réclamer le changement de la direction de l’Autorité palestinienne. Seuls les peuples choisissent leurs leaders et l’attitude de l’Administration américaine est en totale contradiction avec les principes les plus élémentaires qui régissent les relations internationales entre Etats et peuples. Washington reste prisonnier de clichés hérités de la guerre froide et du rôle qu’il a dévolu à Israël dans la lutte contre le nationalisme arabe considéré, souvent à tort, comme intimement lié à l’Union soviétique d’alors. Par conséquent, les Etats-Unis s’estimaient légitimement en droit d’appuyer et de renforcer Israël pour contenir la déferlante arabe. Cet alignement est devenu systématique en Palestine, alors qu’il n’existe plus aucun péril nassérien, baasiste, communiste ou autre.
Au contraire, tous les régimes arabes font cause commune avec Washington pour combattre le terrorisme. Certains, allant jusqu’à offrir leurs territoires pour attaquer l’Irak. :Les Etats-Unis en agissant ainsi manquent à leurs propres valeurs et poussent les peuples au désespoir, générateur de radicalisation et de terrorisme.

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