Périscope : Fracture

Le camp de la paix en Europe devait mettre son veto formel hier à Bruxelles à ce que l’OTAN entame, en son nom propre et à la demande des Etats-Unis, des préparatifs de guerre, notamment pour défendre la Turquie, dans la perspective d’une guerre en Irak. Des pays comme la France, l’Allemagne et la Belgique ont notifié leurs objections à l’engagement, qu’ils jugent prématuré, de ces préparatifs guerriers.
Le contentieux est très profond. Il s’agit de savoir si l’Organisation du Pacte atlantique doit collectivement se préparer, dès à présent, à soutenir la frappe programmée contre l’Irak ou s’il faut éviter à tout prix de s’installer dans une logique de guerre.
La fracture entre partisans et non-partisans d’un conflit s’amplifie donc. Face aux Etats-Unis et à leurs alliés, déterminés à attaquer et occuper l’Irak, le reste de l’humanité attend, espère et refuse de se plier aux diktats américains. Mais, devant la raison du plus fort, les pacifistes ne semblent pas peser bien lourds. Les bruits de bottes que l’Administration Bush fait résonner en Irak couvrent largement les clameurs scandalisées des milieux épris de justice et de coexistence pacifique. La guerre est déjà décidée pour des raisons déjà expliquées en long et en large.
Au risque de se répéter, disons que dans sa démarche belliciste, l’Administration américaine soumet le reste du monde à une pression insoutenable qui en a fait fléchir plus d’un pays. Il n’y a qu’à voir le piteux profil présenté par les pays arabes pour se rendre compte du degré de clochardisation politique, institutionnel et culturel atteint par certains de ces pays qui ont perdu toute crédibilité.
Dans un monde en profonde mutation, ils continuent de débattre du sexe des anges.
Il y a urgence. Seule la mobilisation citoyenne contre la guerre peut faire fléchir ces régimes inféodés corps et âme et qui ne représentent plus aucune alternative, sauf celle de plier face aux pressions pour ne pas perdre leur fragile pouvoir. Faute d’avoir été démocratiquement élus, ils cèdent facilement aux diktats de leurs protecteurs, se souciant peu de l’écart qui s’installe entre eux et leur opinion publique. Nous en sommes là aujourd’hui. C’est à travers la pression exercée par la rue que les Etats-Unis avaient été amenés à quitter le Vietnam. Il ne sera donc pas vain de manifester partout au monde pour renforcer le camp de la paix et faire reculer le spectre de la guerre.

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