Périscope : Francophonie

Les Francophones, encadrés par Paris, se positionnent comme un contrepoids crédible à l’hégémonie des Etats-Unis. C’est un vrai succès pour la diplomatie française qui a réussi à mobiliser l’ensemble des pays francophones pour casser le monopole et l’hégémonie de l’oncle Sam, notamment à l’égard de l’ONU, organisation internationale qu’il veut confiner dans un rôle d’instance d’enregistrement des désirata américains.
La rencontre de Beyrouth est qualifiée de sommet «le plus politisé de l’histoire de la francophonie» dans la mesure où elle a publiquement affiché la volonté des participants d’en faire un cadre d’alliance à tous ceux qui rejettent les diktat américains, qui optent pour la paix et qui tiennent impérativement à sauvegarder la mission confiée aux Nations Unies. En rappelant la primauté du droit international, le dernier Sommet de la francophonie a tout simplement dit non à Washington.
À travers ces prises de position, la Francophonie évolue qualitativement. Elle n’est plus uniquement un regroupement de Nations parlant la même langue. Elle se donne aussi la qualité de regroupement d’intérêts politiques et stratégiques, avec une même vision concernant les problèmes qui se posent à l’humanité, et propose une approche unitaire et originale pour leur règlement. Il n’y a pas très longtemps, des Etats – anciennes colonies françaises refusaient de se joindre à cet ensemble géo-politico-linguistique. L’Algérie avait pris la tête de plusieurs pays qui accusaient ce forum et ses promoteurs de néo-colonialistes, et refusaient d’y siéger même en tant qu’observateur.
Aujourd’hui, ils se bousculent au portillon. Bouteflika n’a pas trouvé assez de mots élogieux pour rendre hommage à la France et à la Francophonie et annoncer la volonté de son pays d’y siéger en qualité de membre à part entière et de plein droit.
Inimaginable il y a encore peu de temps, cette évolution illustre bien le devenir de l’ensemble francophone qui peut désormais revendiquer le statut d’organisation planétaire, ouverte et capable d’apporter des solutions de rechange aux propositions, d’autres regroupements, comme le Commonwealth , ou alliances stratégiques, comme celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. La Francophonie tient sa force de sa diversité. Le choix d’Abdou Diouf comme nouveau Secrétaire général en est la meilleure illustration. Ce Musulman marié à une Chrétienne est l’exemple même de la tolérance et de l’acceptation de l’autre dans sa différence.

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