Périscope : Interventionnisme

Les Américains ont un penchant un peu particulier pour l’Irak. C’est du moins ce que laisse entrevoir l’hystérie avec laquelle ils traitent ce dossier et l’impressionnante armada qu’ils sont en train d’acheminer sur place pour faire leur guerre : D’ici fin janvier, les Etats-Unis disposeraient de 100.000 hommes.
Toutes armes confondues, à la mi-février le Pentagone devrait concentrer 162.000 soldats au Koweït, au Qatar, en Arabie Saoudite et probablement en Turquie. Les écoliers américains apprennent que la civilisation est née en Mésopotamie où, pour la première fois, l’homme a ensemencé la terre et mis au point le premier code de lois, le Code Hammourabi.
Aujourd’hui, l’Administration américaine estime que ce peuple, si talentueux et favorisé par l’Histoire, mérite mieux qu’une dictature réductrice et a logiquement décidé de l’affranchir de la tyrannie. Le programme lancé par Colin Powell, intitulé «Initiative pour un partenariat USA/Proche-Orient» s’inscrit dans cette logique unilatérale. De l’avis de son promoteur, il vise à «placer les Etats-Unis fermement du côté du changement, de la réforme et d’un avenir de modernité pour le Proche-Orient». C’est pourquoi, l’Exécutif américain cherche à s’installer en Irak pour une longue période à travers un gouvernement inféodé.
L’Irak de demain sera américain ou ne sera pas. George Bush justifie sa politique irakienne en défendant l’instauration d’un nouvel ordre international, en mettant l’accent sur les souffrances infligées par Saddam Hussein au peuple irakien. Pourtant, les réticences à un conflit armé en Irak s’expriment de toutes parts. La crainte d’un «effet domino», en cas de guerre est grande, notamment dans la région. À vouloir renverser à tout prix Saddam Hussein, on risque de déstabiliser tout le Golfe.
Dans de nombreux pays, on reste convaincu que ce n’est pas la prétendue menace irakienne qui est en cause, mais bel et bien la volonté américaine d’imposer sa propre vision, et partant ses intérêts, au monde. Les Américains discutent des évolutions du Proche-Orient, tout en faisant souvent preuve de méconnaissances des réalités de cette région. C’est pourquoi, elle développe un «discours format» qui ne fait pas place au débat. Ils sont les seuls détenteurs de la bonne parole pour faire évoluer les régimes. «Ugh, j’ai dit». Cette approche inquiète car, une fois la question irakienne résolue, qui sera le suivant sur la liste de l’interventionnisme américain ?

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