Périscope : Kadhafi change de cap

La Libye a confirmé son intention de quitter la Ligue arabe officiellement en raison du manque de fermeté des pays qui la composent face à la frappe américaine en préparation contre le régime de Saddam Hussein et sur la lutte palestinienne. Kadhafi exprime à sa façon sa colère face à l’impuissance des pays arabes, à leur incurie et à leur manière d’affronter les dangers qui les guettent.
En septembre déjà, il avait clamé vouloir s’en aller pour protester contre la lâcheté officielle des Arabes face aux Etats-Unis et Israël. Ce n’est donc pas une idée nouvelle du chef de l’État libyen, habitué à ce type de coups d’éclat, lui qui se faisait le champion du nationalisme arabe et se considérait comme le légataire universel de la pensée nassérienne. La diplomatie libyenne s’est engagée ces derniers mois dans une ouverture tous azimuts sur les pays africains. Sa présence militaire ne fait que se renforcer dans plusieurs régions du continent noir où elle ne cesse de s’impliquer, y compris dans des conflits armés qui agitent des États comme la Centrafrique ou le Congo.
Cet engagement militaro-diplomatique s’est aussi traduit par le rôle déterminant joué par Tripolie dans la naissance de l’Union africaine, sur les décombres de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) et le rôle de leadership qu’il s’est donné dans la gestion, la structuration et le financement de la nouvelle entité africaine. Ce recentrage diplomatique s’est fait au détriment de la Ligue arabe accusée de tous les maux.
Il dépasse le seul cadre africain pour prendre une tournure internationale depuis que Kadhafi a reconnu sa responsabilité dans les attentats qui ont visé les avions américains et français et son engagement à indemniser ceux des ayants droit des victimes de ces attentats.
La solution de l’affaire de Lockerbie et du DC-10 de la compagnie française UTA a d’ailleurs permis à la Libye de sortir de son isolement à travers la levée de l’embargo dont elle etait frappé et la conclusion de nombreux partenariats durables en Europe, notamment.
Tripolie a en outre entamé la mise en application d’un plan économique qui offre au capital étranger la possibilité d’investir directement dans projets nationaux libyens. Une autre première qui permet à Kadhafi de réajuster sa politique économique et partant illustre sa volonté de se désengager de son environnement arabe et maghrébin. Cette évolution serait-elle le prélude à des changements internes et à une succession qui se dessine déjà ?

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