Périscope : La guerre est programmée

Les premières équipes des inspecteurs en désarmement sont attendues dès ce lundi à Baghdad. Ils débarquent sur un fond de menaces de frappes proférées régulièrement par George Bush qui donne l’impression de vouloir parachever l’action entamée par son père, en 1991, qui a obligé l’Irak à se retirer du Koweït sans aboutir au renversement de Saddam Hussein. Cette fois, la mission de désarmement de l’Irak s’annonce plus musclée et plus lourde de conséquences.
Tous les moyens sont bons pour provoquer l’Irak et le pousser à l’erreur. Le dernier en date a consisté à dire que Baghdad serait en situation de violation patente de la résolution 1441 si l’armée irakienne tire sur les avions américains dans les zones d’exclusion aérienne du Sud et du Nord de l’Irak. Le débat sur ces zones d’exclusion avait été l’un des points d’achoppement sérieux au Conseil de sécurité.
La Russie et la France s’inquiétaient des «gâchettes secrètes», que pourrait maquiller la résolution de l’ONU sur l’Irak, susceptibles de donner un prétexte aux Etats-Unis pour déclencher une guerre contre l’Irak. En faisant état de frappes dans ces zones d’exclusion, Washington engage la guerre avant la guerre. Voilà qui augure mal de l’état d’esprit dans lequel certains, à Washington, abordent la reprise ce lundi des missions de désarmement de l’Irak. C’est que la guerre contre Saddam Hussein est depuis longtemps programmée par l’administration Bush.
Le Président irakien est considéré plus qu’un ennemi mettant en danger la sécurité de Washington et de son allié Israël, il est un affront pour les Etats-Unis. Le renverser est une obligation pour la sécurité du monde civilisé. N’est-il pas le protagoniste de l’axe du mal de Bush, aux côtés de la Corée du Nord et de l’Iran? On a donc imaginé la guerre avec le régime irakien une fois qu’il aura violé ses engagements sur les inspections des sites de son armement de destruction massive.
La Maison-Blanche y travaille en créant dès à présent, avant même que les inspections ne commencent, les conditions objectives qu’elle recherchait. C’est le cas des zones d’exclusion aérienne, considérée unilatéralement par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne comme motif de cassus belli si l’armée irakienne y prenait la liberté de tirer sur leurs bombardiers. Or, l’ONU n’a jamais donné son aval à l’instauration de ces zones d’exclusion.

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