Périscope : La guerre sans nom

La violence s’aggrave en Algérie et les émeutes gagnent l’ensemble du pays et touchent toutes les composantes de la société algérienne. C’est pratiquement la guerre civile. Au soulèvement kabyle et à la répression aveugle qui s’en suit, vient se greffer la résistance armée menée par des activistes de tous bords, dont celle d’islamistes et de groupuscules plus ou moins manipulés par certaines franges de l’armée algérienne.
Pas plus tard qu’hier, quatre islamistes ont été abattus en Kabylie et des dizaines d’autres blessés lors d’accrochages et de ratissages dans des maquis de l’est d’Alger. Ces islamistes seraient membres du groupe salafiste pour la prédication et le combat d’Hassan Hattab, dont on a annoncé l’extermination à plusieurs reprises, mais qui, apparemment, renaissent de leurs cendres chaque fois que l’armée trouve le besoin de justifier la terreur qui s’abat sur le peuple algérien. Le discours officiel du gouvernement algérien a cessé d’être crédible déjà à travers sa gestion du dossier islamiste. Le référendum concocté sur la concorde civile n’a été d’aucune utilité pour arriver à la paix civile tant prônée par le président algérien. Les assassinats se poursuivent plus banalisés que jamais. Le pays est dans une impasse totale car, jusqu’à nouvel ordre, l’opposition citoyenne n’a pas les moyens pour lutter efficacement contre la criminalité de l’Etat et pour contrecarrer ses nombreux relais parallèles qui englobent autant des structures mafieuses que des partis-satellites.
Guerre civile, mais aussi une guerre sans nom qui échappe à toute légitimité idéologique. L’absence de toute logique se traduit, comme l’a si bien relevé M. Hocine Aït Ahmed, figure emblématique de la révolution algérienne et dirigeant du Front des Forces socialistes (FFS), par les « exactions intégristes, la terreur et la criminalité modulées par le pouvoir, le pullulement des mafias locales et régionales, l’irruption aussi massive des milices, les distributions effarantes des armes qui se poursuivent encore aujourd’hui, le grand banditisme, tout cela a fabriqué une terrifiante mécanique qui impose la privatisation de la guerre ».
Cette guerre sans nom a de beaux jours devant elle. Elle risque de perdurer, car, apparemment, le discours officiel n’a pas évolué. Ni à l’intérieur, ni à l’extérieur de l’Algérie.

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