Périscope : La paix en otage

Une perspective politique claire est plus que jamais nécessaire pour réduire les tensions qui prévalent au Proche-orient. Or, la surenchère droitière qui prévaut actuellement en Israël ne semble pas de nature à engager cette dynamique. Elle contribue au contraire à reléguer aux calendes grecques toute reprise de négociations israélo-palestiniennes.
Hier encore l’union européenne et la Russie ont exprimé, à l’issue de leur sommet à Bruxelles, l’espoir qu’aboutisse l’initiative du quartette (Etats-Unis, U.E., Russie, ONU) qui appelle à la création, en trois phases, d’un Etat palestinien d’ici 2005. Plusieurs responsables israéliens se sont d’ores et déjà prononcés contre ce plan de paix. La priorité aujourd’hui en Israël semble se limiter au scrutin législatif anticipé de janvier prochain. Quid donc du plan de paix du quartette.
Pourtant, la communauté internationale continue d’y croire et réagit comme si de rien n’était en faisant la promotion de la « feuille de route » censée être la panacée à tous les blocages que connaît le Proche-Orient.
Le plus grave c’est que le Likoud est donné grand vainqueur de ces législatives, les Travaillistes étant d’ores et déjà hors course, probablement à cause des vingt mois passés à cautionner la politique de Sharon au sein d’un gouvernement dit d’union nationale. Leur compromission avec le bourreau de Sabra et Chatila leur a porté un coup sévère dont ils ne semblent pas près de se relever.
Ce blocage n’est pas sans retombées dramatiques sur la crise proche-orientale, le parti de feu Rabin étant la seule formation politique israélienne, avec les pacifistes du Mouvement Meretz, qui acceptent clairement la création d’un Etat palestinien souverain. Quel que soit le vainqueur du duel Sharon-Netanyahu, le processus de paix risque de se retrouver dans une impasse totale. Déjà, l’armée israélienne s’apprête à lancer une nouvelle et vaste opération de répression dans les territoires palestiniens occupés. Cette opération, supervisée par un gouvernement formé exclusivement de l’extrême droite israélienne, s’annonce plus implacable, plus barbare et plus dévastatrice que celles qui l’ont précédées.
Pendant ce temps, la communauté internationale se montre d’une passivité incroyable, occupée sans doute par ce qui se prépare en Irak, incapable de contrecarrer les criminels desseins de l’Etat d’Israël.

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