Périscope : La voix pacifique

La guerre en Irak serait donc tout juste une question de temps. Les Etats-Unis ont donné le ton encore une fois par la voix de leur secrétaire d’Etat Colin Powell. Les dénégations du président Saddam Hussein ne semblent pas changer grand chose aux desseins guerriers de l’Administration américaine. Son attitude déterminée a fini par élargir le fossé des divergences au sein de la communauté internationale, du moins au niveau des déclarations.
De nombreux pays, dont le poids est loin d’être négligeable sur la scène internationale, continuent de rejeter l’option militaire et privilégier le rôle des inspecteurs en désarmement des Nations unies pour éviter le conflit. Ainsi, pour la France, la résolution 1441 a défini une approche qui donne une chance d’arriver au désarmement de l’Irak via ces inspections.
Contrairement à Washington, Paris n’a pas conclu du récent rapport des chefs des inspecteurs de l’ONU que Bagdad se trouve en situation de «violation patente» de ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale. La France n’est pas la seule à affirmer que beaucoup reste à faire par la voie pacifique. S’opposer à la guerre n’a rien à voir avec l’antiaméricanisme. C’est simplement dire non à la guerre. D’ailleurs, à l’intérieur même des Etats-Unis, les manifestations pacifistes se succèdent pour atteindre un niveau inégalé depuis la guerre du Vietnam. En Europe, des dizaines de milliers de personnes refusent de suivre leurs gouvernements alignés sur Washington. Les citoyens et les opinions publiques rejettent la logique de l’Administration Bush qui revendique le monopole de la violence universelle qu’elle cherche à légitimer par sa «morale internationale».
À Canberra, le Premier ministre australien a essuyé un cinglant échec. C’est la première fois en un siècle qu’un Premier ministre en exercice fait l’objet d’une motion de défiance. La motion de censure adoptée condamne sans nuance la décision du gouvernement de s’engager dans la guerre contre l’Irak.
La volonté américaine de faire tomber Saddam Hussein a biaisé le processus des inspections onusiennes. Ne pas aimer ce régime n’autorise pas George Bush à violer la législation internationale. Les peuples ont conscience que ce conflit sera long et sanglant. Ils n’en veulent pas d’une guerre injuste aux conséquences dramatiques destinée à satisfaire des appétits purement mercantiles de quelques lobbies.

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