Périscope : Le piège

S’agit-il d’une dernière étape avant le déclenchement de l’apocalypse ? C’est la question qu’on se pose aujourd’hui concernant l’Irak, accusé de tous les maux par les Etats-Unis. Washington accentue la pression sur Baghdad, soupçonné de liens avec le réseau terroriste d’Al Qaïda d’Oussama Ben Laden et de possession d’armes de destruction massive.
C’est un vrai problème pour de nombreux observateurs qui ne disposent d’aucune information, d’aucune donnée objective fiable sur la véracité de ces accusations. Comment se former un jugement dans ces conditions? L’ONU n’a pas pris position et, en l’absence d’éléments de réflexion neutres, rien ne permet de penser qu’une frappe militaire serait aujourd’hui la réponse la plus appropriée. Les Américains continuent de claironner que Saddam Hussein est une menace pour la paix mondiale.
Supposons un instant qu’ils aient raison. Mais, dès lors, pourquoi ne pas traiter Israël de la même façon ? Car depuis des décennies, il menace la paix en refusant de se soumettre aux multiples décisions de l’ONU et en continuant à coloniser et à réprimer sauvagement le peuple palestinien. Personne n’a apporté la preuve que l’Irak fabrique des armes de destruction massive et qu’il est un danger pour l’humanité. S’il faut obéir à cette logique, ne serait-il pas censé d’appliquer le même traitement à Tel-Aviv, qui possède de façon avérée l’arme nucléaire et l’arme chimique? Pourquoi l’exempter des inspections de l’ONU ?
Le même principe d’ultimatum ne serait-il pas applicable au Pakistan et à l’Inde, qui eux, possèdent réellement un armement nucléaire ? Ne serait-il pas judicieux de lancer un ultimatum aux Etats-Unis d’Amérique qui détiennent le plus grand stock au monde d’armes chimiques,biologiques et nucléaires ?
Plus grave, Bush n’a-t-il pas déclaré qu’il pourrait utiliser l’arme nucléaire à titre de « dissuasion préventive » contre l’Irak, au mépris des conventions internationales pourtant ratifiées par Washington ?
Une guerre contre l’Irak devrait coûter entre 100 et 200 milliards de dollars. C’est dire l’enjeu pour l’industrie de l’armement et pour tous les secteurs qui y sont liés en amont et en aval. Que retentissent les bruits des bottes, et aussitôt la foire aux nouveaux systèmes d’armes commence. L’Irak pourrait faire les frais des militaristes américains et l’ultimatum apparaît, en définitive, comme un piètre instrument de légitimation auprès des opinions publiques de l’usage de la force par le fort contre le faible.

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