Périscope : Le Syndrome ivoirien

Pour la plupart des immigrés, la Côte d’Ivoire représentait l’espoir d’une nouvelle vie. Pas très confortable, mais préservée des tueries qui caractérisent la région.
Mais les temps ont évolué dans un pays connu pour ses traditions d’hospitalité. Depuis la mort du «père de l’indépendance», Félix Houphouët-Boigny, le débat sur l’ivoirité» perturbe la vie politique d’un pays dont le tiers de la population est d’origine étrangère. Un poison potentiellement dévastateur, comme on l’a constaté ces dernières semaines. Écrasée par l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire est en proie aux mutineries, heurts ethniques et tensions sociales.
L’héritage empoisonné du président défunt est incontestablement le premier drame de la Côte d’Ivoire. La montée en puissance de l’ «ivoirité» traduit l’épuisement d’un système qui a toujours reposé sur des valeurs obsolètes comme le tribalisme, la corruption, la haine de l’étranger et la prévarication. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui dominée par une classe politique médiocre, incapable de saisir que la catastrophe actuelle puise ses origines dans son propre passé. Sans la remise en cause lucide de l’héritage d’Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire continuera de s’enliser dans la guerre civile.
Les politiciens ivoiriens sont les premières victimes de leur courte vue et leurs incohérences. Les dés de la démocratie sont pipés dans ce pays rongé par le tribalisme et la corruption et tenté par l’instauration d’un régime militaire autoritaire. Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’ivoire est la conséquence de cette dérive. Le contrôle des forces armées échappe à un personnel politique médiocre ; ce qui explique la multitude de coups et de contre-coups d’Etat.
Les conséquences de cette «complotite» aiguë se traduisent par la longue instabilité que vit la Côte d’Ivoire et par et le rythme de conflits entre groupes militaires plus ou moins contrôlés. On n’arrive même pas à définir la nature du conflit ivoirien. S’agit-il d’une mutinerie ? D’un coup d’Etat ? D’une invasion de mercenaires ? Nul ne sait. En fait, cet imbroglio sémantique reflète la pagaille qui règne au plus haut niveau de l’Etat. Cela dit, il y a lieu de souligner qu’aucun pays africain n’est à l’abri du syndrome ivoirien. Chez nous, on qualifie ce syndrome de «Siba». On a décidé de nous en immuniser en recourant à un vaccin efficace, la démocratie, la vraie.

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