Périscope : Manipulation

Organiser l’exil de Saddam Hussein et des siens serait un moyen d’éviter la guerre. Trois hauts responsables de l’Administration Bush viennent d’évoquer la possibilité d’accepter le départ volontaire du Président irakien et l’abandon par Washington d’éventuelles poursuites pour crimes de guerre, à son encontre.
Non seulement il y a peu de chances pour que Saddam Hussein quitte le pouvoir sans qu’il n’y soit forcé, mais le précédent serait dangereux. Un chef d’Etat arabe a même qualifié d’irresponsables les propositions allant dans ce sens. Pourquoi ? Ce dirigeant estime qu’il s’agit tout simplement d’ingérences flagrantes dans les affaires internes d’un Etat, en principe souverain. Il va même jusqu’à relever qu’en cas de guerre menée unilatéralement par les Etats-Unis, l’ONU devra alors fermer ses bureaux et laisser les Etats, grands et petits, sans aucune couverture dans une sorte de no man’s land juridique à l’échelle mondiale.
Les déclarations de Powell, Rumsfeld et Rice, soigneusement programmées et largement médiatisées, visent à l’évidence à accroître la pression sur le régime irakien et à désorienter davantage Saddam Hussein. Leur coïncidence avec l’arrivée à Bagdad des chefs des inspecteurs en désarmement, et alors que d’importantes manifestations pacifistes se déroulaient aux Etats-Unis et à travers le monde, est très troublante.
En outre, l’objectif proclamé par l’Administration américaine, à travers la frappe qu’elle a programmée, est le désarmement de l’Irak et non le départ de son Président. La diplomatie américaine, qui n’est pas à une contradiction près, semble oublier que n’importe quel gouvernement irakien qui prendrait la relève de Saddam Hussein devra se conformer stricto sensus aux décisions du Conseil de sécurité et détruire son arsenal militaire. En tout état de cause, les chances des propositions sur l’exil volontaire du Président irakien reposent sur la seule bonne volonté de ce dernier.
Ce qui est très peu probable, malgré les promesses d’immunité pour lui, sa famille et les plus hauts dirigeants de l’Irak. Finalement, l’idée qui a germé parmi les têtes pensantes de Bush apparaît comme une nouvelle tentative de convaincre le clan des opposants à la guerre. Ils tablent sur l’entêtement de Saddam Hussein pour crédibiliser leurs projets guerriers insensés. Influencer l’opinion publique américaine et internationale est le but des Etats-Unis et de ses communicants passés maîtres es-manipulation.

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