Périscope : Mauvais draps

L’Irak affiche désormais un profil bas. Il ne cesse de répéter à qui veut l’entendre qu’il coopérera pleinement avec les inspecteurs en désarmement de l’ONU afin de ne pas donner prétexte aux Etats-Unis pour une frappe. En même temps, Bagdad appelle les inspecteurs à respecter sa dignité et sa sécurité, conformément à la charte des Nations Unies et au droit international et à faire preuve d’indépendance, de professionnalisme et d’honnêteté.
Le compte à rebours a donc commencé pour clore le dossier irakien. La responsabilité des inspecteurs en désarmement est cruciale, car de leurs rapports dépendra la guerre ou la paix au Moyen-Orient et pas seulement en Irak. Le risque serait qu’ils soient infiltrés par des agents de la CIA à l’affût du moindre prétexte pour provoquer Bagdad et manipuler l’opinion internationale. Il incombe au régime de Saddam Hussein d’éviter les écueils, les provocations et les pièges que pourraient lui tendre les Américains passés maître en la matière.
La qualité du travail des inspecteurs en désarmement conditionnera l’avenir en nous rapprochant ou nous éloignant de la confrontation armée. Encore une fois, cette guerre voulue par plus d’un, n’est pas inévitable. Alors, comment évoluera la situation sur le terrain ? Quelle évaluation feront les inspecteurs des incidents, d’apparence graves ou pas, qui ne manqueront pas de surgir çà et là ? Et, comment réagiraient les Etats-Unis si Han Blix décidait que rien ne justifiait un retour devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Les risques de dérapages sont réels, car le chemin du chef des inspecteurs en désarmement est parsemé d’embûches irakiennes et américaines : Déjà, en 1998 l’UNSCOM s’était condamné à disparaître quand il était devenu clair pour l’ONU qu’il était infiltré par tous les services de renseignement qui comptaient sur terre. Ces messieurs étaient plus intéressés par les déplacements de Saddam Hussein que par le désarmement de l’Irak.
Aujourd’hui, la défiance subsiste à l’égard d’inspecteurs issus d’une cinquantaine de pays. Elle trouve sa crédibilité dans les déclarations répétées de l’Administration Bush que ne cesse de proclamer que ce qu’elle cherche en premier lieu c’est l’élimination physique du Président irakien, comme solution radicale aux problèmes que pose son régime aux intérêts stratégiques américains. Hans Blix est incontestablement dans de mauvais draps. Il doit non seulement convaincre de l’impartialité et du professionnalisme de son travail. Il doit aussi faire face à l’adversité qui se dessine déjà à son égard.

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