Périscope : Médias

George Bush parle comme s’il était déjà maître de Bagdad. Il planifie l’après-guerre et promet un Irak modèle de démocratie pour ses voisins. Pourtant, beaucoup redoutent l’enlisement et une longue période d’instabilité. Saddam Hussein n’est pas le Mollah Omar et l’Irak n’est pas l’Afghanistan des Talibans. Qu’importe, l’Administration américaine se comporte comme si l’Irak était déjà vassalisé. Elle entasse les milliards de dollars dans les coffres-forts des pratiquants turcs du PJD, qui ont troqué leur Islam et les promesses célestes contre une faveur plus terre-à-terre à travers des avantages plus immédiats. Pour le paradis, on verra donc plus tard. En attendant, la quasi-totalité de l’humanité juge que la guerre ouvrira grandement les portes de l’enfer.
L’arrogance des injonctions de l’Administration Bush est relayée par des campagnes sournoises et insidieuses d’une grande partie de la presse américaine, noyautée par des journalistes aux ordres, et de plumitifs mercenaires judicieusement placés dans des médias qui comptent, à travers le monde. Bush tient à bien vendre sa guerre. Ceux qui ne l’ont pas fait parmi ses prédécesseurs l’ont appris à leurs dépens, au Vietnam notamment. On nous apprend ainsi que les visées hégémoniques contre l’Irak ne sont autres qu’une action humanitaire destinée à extirper le mal qui frappe le peuple irakien pour cause d’insuffisance démocratique et que ce peuple ne souffrira aucunement car les frappes militaires seront d’une précision chirurgicale.
Sur le front médiatique, la guerre d’Irak a commencé depuis belle lurette. Avec une presse aux ordres, même de façon élégante, il ne fait aucun doute que l’esprit critique recule, l’amalgame se généralise et le mensonge s’institutionnalise. Tout ce qui reste à espérer, c’est que le sens critique des consommateurs de médias se renforce proportionnellement aux manipulations. Ne serait-ce que parce qu’aucun militaire n’a intérêt à ce que sa guerre soit jugée telle qu’elle est. C’est ce que fait le Pentagone. Il est de notoriété publique que la CIA, le FBI et différents services de renseignements américains ont la capacité de monnayer des plumes et d’instrumentaliser de grands titres, le scandale qui agite le quotidien français «le Monde» le confirme.
Méfions-nous donc de tous ceux qui veulent crédibiliser les Etats-Unis dans leur rôle de gendarme du monde. Car pour qu’une action militaire soit juste, il faut qu’elle soit légitimée internationalement. Sinon, c’est l’arbitraire et le diktat. Dans le cas irakien, nous sommes dans cette logique.

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