Périscope : Même combat

Tous ceux qui croient à la paix manifestent massivement, ce samedi dans plus de 300 villes du monde entier. Un «non» retentissant à la guerre des Etats-Unis contre l’Irak. Au fur et à mesure que l’intervention militaire de l’Administration américaine contre Bagdad se précise, on compte par millions ceux qui disent «non» à une frappe programmée de longue date. Toutes les couches de la population se sentent concernées. Ouvriers, professions libérales, étudiants, pères de famille expriment leur condamnation.
L’opposition politique de pays comme la France ou l’Allemagne redonne espoir aux pacifistes qui savent que plus il y a de monde dans les rues, plus ces pays verront leur action politique s’affirmer et prendre du poids. La Grande-Bretagne de Tony Blair, bastion du soutien au bellicisme américain, est particulièrement ciblée. Londres devait accueillir pas moins d’un million de manifestants. Une expression du déphasage qui existe entre le peuple britannique et son gouvernement qui prétexte des menaces terroristes pour quadriller Londres par des blindés et des soldats. New York va même jusqu’à réintroduire le contrôle d’identité à grande échelle. Un scénario identique à celui mis en place après les attentats du 11 septembre. George Bush n’est-il pas en train de faire le jeu de Ben Laden ? Le socialiste français, Jacques Lang, va jusqu’à lancer «Bush Ben Laden, même combat» expliquant que la guerre, qui n’a aucun fondement, «va faire le jeu des terroristes. Ben Laden et ses semblables se frottent les mains».
Il est un fait que «quand Powell, le secrétaire d’Etat américain, ose dire à la face du monde que même sans l’accord de l’ONU, les Etats-Unis sont prêts à faire la guerre à l’Irak sans aucune base légale : c’est choquant, ulcérant, scandaleux. Cela veut dire que Bush et sa bande veulent déchirer la Charte des Nations unies, et c’est inacceptable».
Jamais message audio d’Oussama Ben Laden n’a reçu un tel accueil de Washington. Colin Powell l’authentifiait, sans le moindre doute, avant même que la chaîne Al-Jazira ne le diffuse. Il le hissait, sans la moindre gêne, au rang de preuve de collaboration entre Bagdad et Al-Qaïda et donc de violation patente de la résolution 1441 du Conseil de sécurité. Dans cette affaire, le régime de Saddam Hussein est piégé par Oussama Ben Laden. En abandonnant la laïcité, au profit d’une surenchère islamiste, il s’est enfermé dans une fuite en avant, propre à tous les régimes nationaliste arabes aux abois, qui fait la part belle aux extrémistes religieux de tous bords.

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