Périscope : Militarisme tous azimuts

Les Etats-Unis remettent en cause l’autorité du secrétaire général l’ONU Kofi Annan, qui ose contester la thèse américaine sur les zones irakiennes d’exclusion aérienne. Par la voix de leur secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, ils reprochent à Kofi Annan ce qu’ils qualifient de longue inaction des Nations unies sur le dossier irakien. Washington jette ainsi un nouveau pavé dans la mare de la polémique qui l’oppose au reste de la communauté internationale sur le statut de ces zones d’exclusion aérienne. Il reste à l’affût du moindre prétexte pour valider une violation patente de la résolution 1441, pour justifier une frappe.
Les faucons de l’Administration Bush veulent la guerre à tout prix. On a expliqué en long et en large le pourquoi de cette fixation. Encore une fois, ce bras de fer permanent entre les Etats-Unis et le reste de la communauté internationale a pour enjeu la guerre ou la paix dans le Golfe.
La satisfaction dont ont fait preuve les chefs de la mission de désarmement des Nations unies à l’issue de leur première visite à Baghdad est plutôt le signe que la tendance de la recherche de la paix, à travers la diplomatie, dominait, du moins pour le moment. Mais, voilà que la nouvelle sortie de Donald Rumsfeld montre que les partisans de la liquidation par la force du régime de Saddam Hussein n’ont pas abandonné leurs vrais desseins. Les propos du secrétaire américain à la Défense prouvent que le rapport de force au sein de l’équipe Bush penche en faveur des détenteurs d’une ligne dure, partisans de la riposte militaire la plus destructrice contre le régime irakien.
Les ultras sont en train de mener l’Amérique vers une dérive dangereuse. Pourtant, les opposants à cette ligne ne manquent pas aux Etats-Unis pour condamner ce militarisme tous azimuts. Des voix s’élèvent pour dénoncer cette focalisation sur la guerre.
Une grave erreur, qui privilégie l’agression contre un pays souverain au détriment de la lutte contre les terroristes, alors même que leurs réseaux redeviennent une menace aussi dangereuse qu’ils l’ont été dans la période précédant les attentats du 11 septembre 2001. L’Irak ne cesse de démontrer sa volonté de coopérer avec l’ONU. Les chefs de la mission de son désarmement l’ont confirmé. Alors, pourquoi engager coûte que coûte une frappe unilatérale qui finira par déséquilibrer tout le Moyen-Orient et accentuer les tensions dans le monde ?

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