Périscope : Mille jours

Les militants palestiniens s’engagent à cesser les attaques contre les Israéliens pendant trois mois. Cette trêve formelle devrait être annoncée incessamment. Des responsables de l’Autorité palestinienne précisent toutefois que l’accord est intérimaire et non définitif. D’ailleurs, un raid d’hélicoptère israélien, visant un responsable politique du Hamas, a porté un coup aux chances de voir aboutir rapidement l’accord annoncé.
Quelques heures avant le raid, un responsable du Fatah, le mouvement du Premier ministre Mahmoud Abbas, annonçait la conclusion du cessez-le-feu à l’initiative de Marwan Barghouti, le chef du ce même Fatah pour la Cisjordanie détenu par Israël. Il a précisé que l’accord comportait trois points et stipulait que le Hamas et le Jihad sont d’accord pour annoncer une trêve de trois mois dans tous les secteurs, Israël s’engageant à cesser ses attaques et ses assassinats. Le deuxième point stipule que, bien qu’opposés à la « feuille de route », le Hamas et le Jihad ne feront pas obstacle au processus de paix.
Le dernier concerne la libération des prisonniers palestiniens. Les récentes provocations de l’armée israélienne pourraient toutefois remettre en cause tous les engagements pris. En outre, la route Salah Eddine, l’un des enjeux des négociations israélo-palestiniennes, a été défigurée par l’armée israélienne, qui l’a remodelée à sa guise pour compléter son contrôle sur la bande de Ghaza, rendant encore plus difficile l’application d’un accord encore virtuel. Depuis neuf mois, Israël a créé tout au long de cette route des mini-zones de sécurité éloignant les Palestiniens de leurs terres pour «sécuriser» les colonies juives illégales de peuplement créant des corridors où seuls circulent des colons. De nombreuses portions de cet axe routier ne sont plus praticables que pour les blindés israéliens. Ariel Sharon y a aussi rasé de nombreuses habitations, déraciné plusieurs hectares d’oliviers et détruit des centaines d’hectares d’autres cultures. Malgré la terreur entretenue par l’armée et les colons israéliens, le peuple palestinien résiste.
L’Intifada vient de passer la barre des mille jours, alors que la dynamique de paix reste vacillante. L’Intifada a éclaté le 28 septembre 2000 après une provocation d’Ariel Sharon qui a souillé l’esplanade des mosquées de Jérusalem-Est, troisième lieu saint de l’Islam et le lieu le plus sacré pour les Juifs qui l’appellent le mont du Temple. Ces mille jours de la seconde Intifada apparaissent aujourd’hui comme l’expression d’une auto-défense du peuple palestinien face aux tentatives des ultra-israéliens de saper son moral et d’aliéner définitivement son identité.

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