Périscope : Mobilisation

De nombreuses manifestations contre la guerre en Irak ont émaillé le week-end en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et aux Etats-Unis. L’humanité dit non au drame en préparation et le camp des pacifistes, et de tous ceux qui perçoivent mal l’éventuel péril que représenterait le régime de Saddam Hussein, ne cesse de s’étoffer.
Les opposants à la guerre programment, pour cette semaine, de nombreuses autres marches populaires contre un conflit qu’ils imputent au seul désir des Etats-Unis de s’accaparer du pétrole irakien. Une guerre qui exsude et empeste l’or noir. Les opinions publiques, exaspérées, regimbent. Elles rejettent massivement cette tendance redresseur de torts planétaires de Washington qui, voyant le mal particulièrement chez les Arabes, programme la guerre pour leur extirper de pseudo-armes de destruction massive.
Aucune preuve ne vient étayer un quelconque danger que représenterait aujourd’hui l’Irak pour la paix et la sécurité du monde civilisé. La frappe programmée par les Etats-Unis ne peut se prévaloir d’aucune justification morale. Au contraire, elle a pour mission de détourner les Américains des vrais problèmes qui hypothèquent aujourd’hui leur devenir, dont l’élection controversée de leur président, les scandales genre Enron, le favoritisme des gens déjà très riches, le mépris des pauvres et l’alignement systématique sur Israël.
L’Administration de George Bush, plus belliqueuse que jamais, a fait entrer les Etats-Unis dans l’une de ses périodes de «folie historique». «Mais celle-là est la pire dont je puisse me souvenir. Pire que le Maccarthysme, pire que la Baie des Cochons et, à long terme, potentiellement plus désastreuse que la guerre du Vietnam», déclare John Le Carré. Cet observateur impitoyable du monde tel qu’il est n’a aucune sympathie pour la dictature de Saddam Hussein. Mais, il n’a pas le moindre doute : «Ce qui est en jeu, c’est le pétrole», écrit-il. «Du même coup, Washington fait la démonstration de sa force militaire, à l’Europe, à la Russie, à la Chine, à la petite Corée du Nord et aux Arabes». Le pire est à venir.
L’opinion mondiale résiste pourtant. Elle manifeste massivement son rejet de cette guerre injuste et unilatérale. Ils sont des dizaines de milliers à crier à travers le monde «non à la guerre contre l’Irak, justice, paix et démocratie au Proche-Orient et dans le monde».

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