Périscope : Neo-impérialisme

En prononçant la formule «droit de veto», la France se démarque à nouveau des Etats-Unis et de ses visées guerrières. Paris confirme qu’il ira jusqu’au bout de son opposition à la guerre. C’est tout à l’honneur d’un pays qui a hissé les principes d’équité internationale et des droits de l’Homme au rang de priorités nationales.
En face, Washington et Londres continuent de surenchérir, de hausser le ton et d’accentuer la pression militaire. Américains et Britanniques sont côte à côte au sein d’un Conseil de sécurité qui affiche ses divisions sur le dossier irakien. Français et Allemands répètent qu’il est prématuré de recourir à l’option militaire. Le couple franco-allemand exaspère au point où Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la Défense, très peu diplomate, n’hésite pas à parler en ces termes du binôme européen : «la France et l’Allemagne pour moi c’est la vieille Europe, le nouveau centre de gravité de l’Europe est plus à l’Est».
George Bush, lui, fait mine de ne pas se soucier des réactions de Paris et Berlin, en dépit d’une opinion hostile et de l’opposition de la communauté internationale à une action unilatérale, ainsi que des divisions au sein des Nations unies où l’impasse diplomatique est totale. Le président américain, sûr de lui, continue de faire cavalier seul et d’amplifier les bruits de bottes. La volonté de faire la guerre «toute seule» est de plus en plus évidente même si l’Administration américaine a pu mesurer, au travers de l’opposition au sein du Conseil de sécurité, l’ampleur des divergences avec ses alliés traditionnels.
Les Etats-Unis sont allés tellement loin, qu’ils ne peuvent apparemment plus faire marche-arrière. Au stade où ils se trouvent militairement, ils n’ont donc que faire des rapports des inspecteurs en désarmement de l’Irak. Ils continuent à préparer la guerre car, probablement, au-delà de Saddam Hussein et de son régime, ils veulent imposer leur volonté au reste de l’humanité. Visiblement, une seule chose compte, la défense et le développement des intérêts américains à travers le monde. C’est légitime, car en politique il y a très peu de moral. Mais, il est tout aussi légitime que les peuples refusent ces diktats des temps modernes. Que le vrai monde libre, mené aujourd’hui par la France, se mobilise face un néo-impérialisme qui nous ramène à des temps qu’on croyait révolus.

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