Périscope : Non-droit

Saddam Hussein a choisi l’anniversaire de la création de l’armée irakienne pour hausser le ton. Dans un discours de circonstance à la nation, il n’a épargné personne. Il a ainsi accusé les inspecteurs en désarmement des Nations unies d’espions et, sûr de lui, il a promis la victoire au peuple irakien sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Poussé vers la sortie, par tous ceux de ses voisins qui veulent éviter, aux Irakiens et s’éviter eux-mêmes, une guerre dévastatrice au Moyen-Orient, Saddam Hussein a qualifié les menaces de Bush et de Blair d ‘«aboiements, de fanfaronnades, d’hystérie et de sifflements de serpents». Washington et Londres continuent, eux, de renforcer leur présence militaire dans le Golfe. Ils dressent même des plans pour gouverner, pour une longue période, l’Irak de l’après-Saddam Hussein.
Les dernières sorties de ce dernier illustrent son désarroi. L’effet escompté est loin d’être atteint. Au contraire, ils confirment sa responsabilité directe dans la guerre qui guète son peuple et les malheurs qu’il endure depuis son accession au pouvoir. Toutefois, les Etats-Unis et leurs alliés endossent une large responsabilité dans la déstabilisation du Moyen-Orient à travers la diabolisation du régime irakien. Si Saddam Hussein n’existait pas, ils l’auraient inventé. Car, au-delà de l’Irak, ils veulent mettre au pas l’ensemble du monde arabe et instaurer un nouvel ordre international qui leur soit totalement inféodé. En tout état de cause, nul ne peut arguer des menaces que représenterait un pays ou un régime pour justifier une menace potentielle de substitution. Si l’Administration américaine attaque l’Irak sans l’aval du Conseil de sécurité, alors elle doit être condamnée comme administration dangereuse en totale violation des règles qui doivent régir les relations internationales sous les auspices des Nations unies.
Cette approche pousse à s’interroger sur le rôle que joue actuellement le monde arabe. Ce monde ne sait plus aujourd’hui s’il est l’allié, riche de son pétrole et de ses capitaux, que l’on respecte ou plus simplement un gadget, un pion que l’on utilise et que l’on feint d’écouter. En Irak, le monde se trouve placé devant la possibilité d’un véritable lynchage. Ce pays est en train de devenir, par la volonté de Washington et de ses alliés, une zone de non-droit international et donc ouvert à la colonisation et à la tutelle.

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