Périscope : Pouvoir absolu

Le gouvernement iranien a officiellement protesté contre «l’ingérence américaine» dans ses affaires intérieures à propos des manifestations qui se déroulent actuellement contre le pouvoir. Ce qui n’a pas empêché le président George W. Bush de récidiver et de qualifier les manifestations antigouvernementales à Téhéran de «positives» et d’estimer qu’il s’agissait de «prémisses» vers une ouverture vers plus de liberté en Iran. L’évolution de la situation semble lui donner raison puisque plus de deux cents personnalités réformatrices ont défendu dans un écrit à l’adresse des responsables de la République islamique le droit des Iraniens à critiquer, voire à chasser leurs dirigeants, dénonçant l’exercice d’un «pouvoir divin et absolu». Parmi les signataires, figurent des politiques, mais aussi des religieux réformateurs, des libéraux, des intellectuels et des journalistes. L’accent est très rude. Il dénonce l’instrumentalisation de principes sacrés religieux pour s’accaparer et monopoliser le pouvoir. Pour les autorités, la tension est entretenue par quelques «voyous récidivistes» et «chômeurs» entrés en rébellion quand «la contre-révolution a appelé à l’agitation». Pour le Guide, il s’agit de mercenaires «à la solde de l’ennemi américain».
Même si le régime islamique cherche à déplacer ses contradictions et met une sourdine à la contestation de la rue devenue bruyante, il risque néanmoins d’être confronté à un regain de tension avec la présentation du rapport onusien sur son programme nucléaire. Les Américains continuent d’affirmer que Téhéran travaille secrètement à la fabrication d’une bombe atomique, manquant ainsi à ses obligations au regard des textes internationaux.
L’ancien Président Ali Akbar Hachémi Raffsandjani, personnage-clé du régime islamique, a réaffirmé le droit de son pays à l’énergie atomique car, dit-il, «les grandes puissances de ce monde attaquent d’autres pays sans réfléchir».
Les dirigeants iraniens serrent les rangs pour s’attaquer aux Etats-Unis. Le clergé chiite iranien s’irrite des manœuvres américaines qui s’accentuent depuis la fin de la guerre d’Irak. Les Américains sont désormais frontaliers des Iraniens, ce qui change totalement la donne et fait dire à certains que Washington devrait réfléchir à des actions contre Téhéran, y compris une action préventive contre certaines menaces, dont le terrorisme.

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