Périscope : Précèdent dangereux

C’est un précédent extrêmement dangereux qu’une Cour suprême israélienne avalise le principe d’une punition collective en autorisant l’expulsion de Cisjordanie de deux Palestiniens pour la simple raison de leur appartenance à la même famille que deux présumés auteurs d’attentats anti-israéliens. Cette mesure fait suite à une série d’assassinats de civils palestiniens perpétrés par l’armée israélienne. Pour le seul mois d’août sur 49 Palestiniens abattus, trente étaient des civils.
On tue de sang froid des familles entières pendant leur sommeil, des enfants qui ne faisaient que jouer et des ouvriers agricoles qui revenaient de leur champ. L’humanité n’a pas assez de mots durs pour fustiger l’effrayante chute du sens moral des officiers et de l’Etat israéliens.
La crainte d’une solution juste et durable négociée avec l’autorité palestinienne, voir même un simple compromis, pousse ces officiers à saboter tout rapprochement, toute détente. Ils n’hésitent pas à embraser la région par des opérations soi-disant préventives. L’échelon supérieur de Tsahal n’a jamais été aussi arrogant et grossier, de l’avis même d’observateurs israéliens, que depuis la nomination du nouveau chef d’état-major.
Le général «Bougui», de son vrai nom Yaalon multiplie les insultes les plus viles contre le peuple palestinien. Il soutient que «la menace palestinienne est invisible, comme un cancer (…) Si vous vous trompez de diagnostic et que les gens disent ce n’est pas un cancer mais un mal de tête, le traitement est inefficace. Moi, je maintiens que c’est un cancer (…) Il y a toutes sortes de solutions aux manifestations cancéreuses.
Certains diront qu’il est nécessaire d’amputer les organes atteints. Pour le moment, j’applique la chimiothérapie», dit-il avec beaucoup d’assurance.
L’extrême violence de ces propos illustre la profondeur de la haine ressentie à l’égard du Palestinien à qui l’on refuse le droit à la lutte. Celle de l’opprimé contre l’oppresseur, de l’occupé contre l’occupant. De nombreux dirigeants israéliens continuent de craindre toute détente et de croire fermement qu’Israël est en danger de paix.
C’est cet état d’esprit qui prévaut largement aujourd’hui en Israël et qui rend lointaine toute solution pacifique avec les Palestiniens.

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