Périscope : Scénario du pire

Bush a donc déclenché le compte à rebours en Irak. L’action militaire et la mort de milliers d’innocents sont-elles justifiables pour autant, proportionnellement aux exigences de départ de Saddam Hussein et de ses fils ?
Alors qu’il aurait suffi de quelques semaines ou de quelques mois, pour que les inspecteurs en désarmement bouclent leur travail, lancer une action militaire est indéfendable. Cela dévalorise les Nations unies et affecte le droit international. En passant outre la souveraineté du Conseil de Sécurité, George W. Bush s’écarte de l’ONU et de son droit à prendre des décisions. En agissant ainsi, il enfreint le droit international. C’est grave, car cela signifie laisser de côté tous les engagements et les valeurs qui fondent ce droit auquel adhèrent en principe les Etats-Unis.
En faisant ce choix, l’Administration Bush renie ses propres principes de liberté et de droits universels. Elle a opté pour le scénario du pire donnant ainsi le mauvais exemple au reste de l’humanité.
C’est un moment de vérité pour tout le monde, car l’aventure ne laissera pas ses protagonistes indemnes. On peut d’ores et déjà avancer que Tony Blair, qui a milité pour une approche onusienne, joue son leadership à la tête du parti travailliste et du gouvernement britannique.
En outre, le désaveu infligé par le Conseil de Sécurité à l’Administration Bush prive de tout fondement légal sa compagne militaire en Irak. C’est une autre leçon à tirer de la résistance onusienne à la dérive hégémonique de la superpuissance américaine.
À l’opposé, des pays comme la France de Jacques Chirac sort grandi d’une épreuve de force que les Etats-Unis ont faussé de la façon la plus déloyale qui soit. Paris nous a prouvé son attachement aux droit et aux lois universelles. Elle l’a fait à travers une diplomatie tranchante. Elle a donné de la voix. Elle a défendu des valeurs, celles de la coexistence pacifique, des droits de l’homme et de la prééminence du règlement des conflits par la négociation. Tout le contraire de l’opportunisme éhonté d’Aznar et de Blair.
À la veille d’une guerre illégale, criminelle et stupide contre l’Irak, les propos de certains pays se font bien lénifiants, face aux interrogations légitimes de leurs peuples. C’est le cas de la quasi-totalité des pays arabes. Ils continuent, quoi qu’il arrive de ménager la susceptibilité de l’oncle Sam. Le protecteur de leurs prébendes.

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