Périscope : Sur les décombres de la SDN

L’Organisation des Nations unies, institution vouée à la paix, n’arrive pas à jouer pleinement son rôle de régulateur de la coexistence internationale.
Le blocage, qui perdure autour de la question irakienne, illustre parfaitement ce paradoxe qui consiste à vouloir faire, coûte que coûte la guerre, à un possible fauteur de Guerre. Créé au lendemain de la Seconde guerre mondiale, sur les décombres d’une Société des Nations qui n’a pas réussi à empêcher un épouvantable massacre à l’échelle planétaire, l’ONU devait faire en sorte qu’à l’avenir, l’humanité ne devait plus recourir aux armes pour régler ses conflits.
Pourtant, le monde n’a jamais été confronté à autant de génocides, de massacres locaux, de guerres ethniques et à la prolifération des dictatures que depuis la naissance des Nations unies.
On n’est pas loin de l’incurie de la SDN, avec une différence de taille cependant : contrairement à son légataire, l’ONU ne se contente plus d’empêcher les confrontations, elle les encadre, les supervise et va même jusqu’à les ordonner et les légitimer.
C’est en son nom qu’on s’apprête aujourd’hui à attaquer l’Irak. Une guerre qui n’est pourtant pas inévitable puisque Baghdad a accepté de recevoir les inspecteurs en désarmement des Nations unies, sans aucune restriction et dans le respect total de ses engagements internationaux.
Dans ce cas d’espèce, la guerre n’est pas une fatalité. Pourtant, il ne passe pas un jour sans que les déclarations belliqueuses ne se fissent entendre dans les couloirs même du palais de verre qui abrite une organisation vouée à la coexistence pacifique entre les nations.
Si chaque peuple a le droit de défendre individuellement ses intérêts légitimes, sans ingérences extérieures, la mission du maintien de la paix et de la stabilité dans le monde est par contre une oeuvre collective de l’humanité tout entière à travers l’ONU. Il est très important de rappeler cette évidence, que l’organisation internationale a été créée dans le dessein de sauvegarder ce principe. S’il est nécessaire de monter une opération militaire contre l’Irak, elle ne peut et ne doit en aucun cas être l’ouvre d’un seul pays, mais de l’ensemble des Etats qui forment l’ONU.

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