Périscope : Tuerie à huis clos

Au moins onze Palestiniens ont été tués et 120 autres blessés tôt hier lors d’une nouvelle incursion des chars et des hélicoptères de combat israéliens dans la ville de Khan Younès, dans le Sud de la bande de Ghaza. Ce nouveau massacre, qui a visé délibérément des civils désarmés, est l’illustration de la volonté d’Israël de poursuivre sa politique de génocide contre le peuple palestinien.
Aujourd’hui, le constat est aussi simple que cruel : depuis l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon on assiste à des assassinats massifs, à une recolonisation accrue des territoires palestiniens, au refus de reconnaissance des droits légitimes de ce peuple et au recours à la violence sous toutes ses formes de la part de l’armée israélienne qui s’est placée au-dessus de toutes les lois internationales.
Avec les négociations de Madrid, d’Oslo, de Camp David et de Charm E-Cheikh, des pas vers la paix ont été accomplis. Mais aujourd’hui, toujours sous le joug de l’occupation militaire, le peuple palestinien n’a accédé ni à son indépendance, ni à sa souveraineté.
Israël continue de construire des colonies de peuplement. Plus grave, il est en train d’enfermer le peuple palestinien dans un Bantoustan sous un contrôle total de son armée. Les dirigeants israéliens ne cessent d’ajourner unilatéralement l’application des accords de paix qu’ils ont pourtant signés avec les Palestiniens. Sous Sharon, le processus de paix est aujourd’hui moribond car rien ne permet d’être optimisme face à un avenir qui paraît totalement bloqué. Même l’ONU n’y peut rien. Ses décisions restent lettres mortes, car Washington n’accorde pas la même importance à ses résolutions, selon qu’elles visent l’Irak ou Israël. Ariel Sharon n’a pas attendu longtemps pour prononcer l’équivalence définitive : «Yasser Arafat est la copie conforme de Ben Laden».
Cette équation énoncée par Sharon est devenue la matrice de l’action américaine au Proche-Orient. Elle a non seulement conditionné le conflit israélo-palestinien en le transformant en une sorte de huis clos, mais elle est devenue aussi l’axe autour duquel le reste de la région s’est aligné. Arafat transformé en Ben Laden, cela veut dire l’effondrement total du processus enclenché à Oslo. L’alignement systématique de Bush sur les positions de Sharon ne fera qu’embraser toute la région et radicaliser encore plus la révolte palestinienne.

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