Périscope : Veto

En Irak, la question n’est plus de savoir si une guerre aura lieu, mais quand. Les Russes ont obtenu une information selon laquelle les Etats-Unis ont d’ores et déjà décidé d’engager une action militaire d’envergure contre le régime de Saddam Hussein dans la deuxième quinzaine de février.
L’offensive sera lancée au-lendemain de la fin du pèlerinage et des fêtes de l’Aïd al-Adha. On ne va tout de même pas se payer de l’Irakien alors que quelque trois millions de Musulmans sont massés à La Mecque, aux portes de Bagdad. La guerre sera courte, le régime irakien sera en miette au bout d’un mois au maximum. Il ne pourra pas résister plus longtemps à une guerre menée à travers une combinaison de moyens et de frappes depuis les airs, la mer et le sol. Les Etats-Unis vont donc gagner rapidement cette guerre. Sans doute sans gloire faute de combattants, les Irakiens étant livrés à eux-même. Mais, ils risquent de perdre la paix et de s’enliser dans une guérilla urbaine de longue durée qui fera disparaître toute possibilité de stabilité politique durable à la relève de l’actuel régime et à sa «dé-saddamisation».
L’Administration américaine a donc décidé de passer outre les réticences affichées à l’ONU. Elle mènera sa guerre. L’impatience domine aux Etats-Unis, bien qu’aujourd’hui rien ne justifie, à ce stade, une opération militaire. C’est pourquoi, la communauté internationale se mobilise et fait connaître son opposition aux desseins américains.
Les opinions publiques, traversées par les inquiétudes, générées par les souffrances qui guettent le peuple irakien, refusent massivement l’option militaire. Elles poussent de plus en plus les gouvernements à marquer leurs distances vis-à-vis des visées américaines. Les manifestations du week-end révèlent la montée en force du mouvement pacifiste international. La guerre contre la guerre, engagée un peu partout au monde, est également engagée au sein même du Conseil de sécurité, où au moins un membre permanent brandit la menace d’utiliser son véto contre la guerre.
Un conflit présente des risques considérables pour un monde qui ne va pas bien et qui est en grand désordre. Surtout que Bagdad coopère.
L’accord conclu avec les chefs des inspecteurs en désarmement de l’ONU ne doit pas être bradé. Même si personne, y compris en Irak, ne regretterait le départ du dictateur et de ses sbires, il faut faire fructifier la lueur d’espoir qu’il laisse entrevoir dans ce lourd climat d’avant-guerre qui pèse sur le monde.

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