Périscope : Violences en Algérie

L’Algérie fait encore une fois les titres des journaux, car le terrorisme y est de nouveau à l’oeuvre. Entre vendredi et dimanche, sept islamistes armés et un « patriote » ont été assassinés dans des violences dans la région de Jijel, à l’Est d’Alger. Ces morts s’ajoutent aux neufs militaires tués et aux douze blessés dans une embuscade tendue, samedi, par des activistes armés, en Kabylie Les groupes armés refont ainsi surface un peu partout en Algérie, suscitant inquiétudes et interrogations au sein d’une population longtemps bernée par des promesses de réconciliation nationale, qui se révèle finalement bien vacillante.
Les Algériens, indépendamment de leur statut politique ou social, continuent de tomber comme des mouches face à l’acharnement des Islamistes et à l’incapacité chronique de l’armée à les défendre. D’un côté, des Islamistes armés sont abattus et de l’autre on compte les morts dans les rangs de l’armée. Entre les deux, les civils tombés ne sont presque plus concernés par cette comptabilité macabre, tellement ils sont nombreux à se faire tuer de sang froid, par les uns et les autres. On n’arrive plus vraiment à réaliser l’ampleur de ce drame qui se joue au quotidien.
Ratissage, militaires liquidés, terroristes abattus; violence et contre-violence se suivent et le bilan des pertes humaines s’alourdit. La dégradation de la situation est visible à tous les niveaux de la vie socio-économique algérienne. Elle est patente à travers la carence d’un gouvernement impopulaire et manquant de visibilité. Elle est aggravée par la léthargie imprimée au pays par une classe politique rompue aux techniques du blocage.
Après plus de dix ans de guerre civile, le temps est en train de s’accélérer dans une Algérie qui s’enflamme de partout. Les inégalités ne cessent de se creuser avec des riches encore plus riches et des pauvres plus pauvres et plus nombreux. Pour réaliser l’ampleur des dégâts, il faut savoir qu’une bonne partie du peuple algérien est sous-alimentée et continuera de l’être, malgré la manne pétrolière qui, invariablement, profite aux seuls généraux et à leurs valets. Une bonne partie des communes algériennes n’est pas aujourd’hui représentée fautes d’assemblées démocratiquement élues.
Toute la Kabylie est pratiquement dans une situation de désobéissance civile. Les Arouchs se préparent même à marcher sur Alger pour porter leur contestation jusqu’aux fenêtres du palais présidentiel. C’est dire combien les structures de l’Etat algérien sont progressivement en train de se saborder, conséquence de l’anarchie ambiante. Le chemin qui mène à la concorde civile prônée par Boutafleka s’annonce décidément bien long.

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