PO : Israël sème le trouble

Lors d’une intervention devant la conférence annuelle de la Ligue contre la diffamation, Sharon a affirmé qu’«afin d’être en mesure de réaliser notre plan de paix, deux choses doivent arriver : des réformes institutionnelles majeures au sein des structures de l’Autorité palestinienne, et l’arrêt total des violences, du terrorisme et de l’incitation à la violence». Et d’ajouter, dans une allusion claire au président Yasser Arafat, qu’ «une Autorité palestinienne responsable, en mesure de faire progresser la cause de la paix, ne devrait pas dépendre de la volonté d’un seul homme». Sharon n’a toutefois fourni aucune autre précision quand au «plan de paix» qu’il comptait soumettre mardi au président américain George Bush.
Selon Limor Livnat, la ministre israélienne de l’Education, qui l’accompagne aux Etats-Unis, ce plan de paix devrait être basé sur des «accords intérimaires à long terme», arrêtés lors de négociations dont serait totalement écarté le président Arafat accusé par Israël d’implication directe dans le «terrorisme».
Ariel Sharon a également brièvement mentionné le projet de conférence de paix sur le Proche-Orient qui devrait être convoquée cet été, soulignant son caractère régional et son rôle non coercitif. Il n’a pas oublié de remercié l’administration américaine et le président Bush pour le soutien qu’ils ont apporté à Israël dans l’affaire du camp de réfugiés de Jénine (Cisjordanie) pour laquelle l’ONU avait décidé de dépêcher une mission chargée de faire toute la lumière sur les horreurs perpétrées par l’armée d’occupation dans ce camp. Tel-Aviv avait émis tellement d’objections à l’envoi de ladite mission que le secrétaire général Kofi Annan avait fini par décider de son démantèlement. «Aucune nation au monde n’a le droit de traîner Israël devant une cour, aucune», a affirmé avec force Sharon. Lundi, le secrétaire américain à la défense Donald Rumsfeld avait exprimé lundi au Premier ministre israélien ses «regrets» pour «la perte de vies israéliennes innocentes», lors d’une rencontre au Pentagone.
Dans le même temps, le président Bush avait déclaré que Yasser Arafat l’avait «déçu» en ne donnant pas assez de «signes» visant à arrêter le «terrorisme». Et, dans la foulée, c’est désormais l’Arabie Saoudite que les Israéliens tentent de décrédibiliser aux yeux américains. Les responsables israéliens font état de contributions financières saoudiennes, via une commission, aux familles des kamikazes palestiniens, à des détenus, et au mouvement de la résistance islamique Hamas. Au même moment, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal, rencontrait son homologue Colin Powell.
Le chef de la diplomatie saoudienne a émis des réserves sur le projet américain de conférence internationale pour l’été, tant qu’il n’avait pas plus d’informations à ce sujet. Et si Israël a approuvé mardi l’accord devant mettre fin au siège de l’église de la Nativité à Beit Lahm en Cisjordanie. Un accord qui prévoit l’expulsion de 13 des Palestiniens assiégés vers l’Italie. Mais celle-ci a exclu d’accueillir les Palestiniens de la basilique contraints à l’exil.
La fin de non-recevoir opposée par les autorités italiennes –le chef du gouvernement Silvio Berlusconi est également ministre des Affaires étrangères– traduit leur mécontentement de ne pas avoir été consultées sur l’accord négocié dans la nuit de lundi à mardi par des diplomates américains et européens pour mettre un terme au siège de la basilique de la Nativité par l’armée israélienne. Et, dans ce cadre, huit organisations palestiniennes basées à Damas ont dénoncé mardi l’accord sur la levée du siège de la basilique. Un accord qui prévoit l’expulsion de 13 des Palestiniens assiégés vers l’Italie. Globalement, ces organisations refusent l’expulsion et veulent la poursuite de l’Intifada et de la résistance à l’occupation israélienne.

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