PO : la paix sous scellés

PO : la paix sous scellés

Le cycle de la violence reprend de plus belle au Proche-Orient. Il constitue l’une des causes de la récente démission du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. Palestiniens et israéliens se retrouvent ainsi dans un cercle vicieux qui pèse de tout son poids dans l’éloignement de la région du processus de paix, dont les étapes avaient été détaillées dans la «feuille de route» du Quartet composé de la Russie, les États-Unis, l’Union Européenne et l’ONU. Quinze Israéliens ont trouvé la mort dans deux attentats distincts à Jérusalem et Tel-Aviv. Des attentats qui interviennent en guise de représailles suite à plusieurs raids israéliens contre des activistes palestiniens. Les deux attaques ont été revendiquées par les Brigades Ezzedine Al-Kassam, la branche militaire du Hamas. «Après les deux attaques de Tel Arabia (Tel Aviv) et de Jérusalem, menées en dépit de toutes les précautions israéliennes, nous disons aux sionistes que l’heure est venue de payer», lancent les Brigades Ezzedine Al-Kassam dans un document lu à l’antenne de la chaîne Al-Jazeera. Sept personnes ont trouvé la mort dans un attentat-suicide devant un café de Jérusalem. Quelques heures auparavant, une autre bombe humaine avait fait huit morts au niveau d’un arrêt de bus, devant une importante base de l’armée israélienne proche de Tel-Aviv. Les deux attaques interviennent en pleine crise politique de l’Autorité palestinienne, accusée par Israël de ne pas lutter activement contre les mouvements armés palestiniens, sans trop s’attarder sur les véritables causes de ces attentats et qui ne sont autres que les raids aériens et la politique des assassinats ciblés auxquels se livre le gouvernement d’Ariel Sharon. Ce dernier a décidé d’écourter sa visite en Inde et de s’envoler pour son pays, après avoir été informé des derniers attentats. Ahmed Koreï, le numéro trois du Fatah désigné par Arafat pour succéder à Mahmoud Abbas, avait souligné le danger que représentent ces assassinats sur le processus de paix. En effet, il avait posé comme conditions, pour accepter, que les Etats-Unis le soutiennent et qu’Israël mette un terme à ses assassinats ciblés de leaders palestiniens et lève le siège de Yasser Arafat. Koreï avait par ailleurs annoncé mercredi avoir accepté le poste de Premier ministre et annoncé qu’il formerait un cabinet d’urgence de six à huit membres. Cependant, la mise en garde contre le caractère dangereux des assassinats ne semble pas être prise au sérieux par l’État hébreu. En effet, moins de 24 heures après les deux attentats suicide, Tsahal a tenté d’assassiner un responsable politique du mouvement Hamas dans son domicile à Gaza. L’aviation israélienne a en effet tiré dans la matinée un missile contre la maison de Mahmoud Zahar, ne blessant que légèrement le principal porte-parole politique du Hamas. Le raid a cependant fait deux morts, un des fils de Mahmoud Zahar et un garde du corps, ainsi qu’une vingtaine de blessés, dont sa femme. Les brigades Ezzedine Kassam ont aussitôt menacé de s’en prendre aux habitations israéliennes, partout en Palestine occupée, ce qui signifie l’État d’Israël dans sa totalité. «Nous rappelons que, dans le passé, nous nous sommes abstenus de prendre pour cibles des maisons et des immeubles d’habitation sionistes, mais l’ennemi a pris l’initiative de le faire et il récoltera ce qu’il a semé», affirme l’aile militaire du Hamas dans son communiqué. Le gouvernement israélien a de nouveau mis en cause Yasser Arafat dans les attentats suicide de mardi et menacé de resserrer au maximum le siège de son complexe présidentiel de Ramallah, pour l’isoler comme un prisonnier en réclusion solitaire sans contact avec l’extérieur. En définitive, la recrudescence de la violence et la série de représailles qui s’ensuit, associées au siège du leader de l’Autorité palestinienne, acteur incontournable dans la crise au Proche-Orient, sont en train d’enterrer un processus de paix qui n’arrive pas à prendre la route. Le plan du Quartet est plus que jamais compromis et l’avenir semble s’annoncer sous de mauvais auspices. La violence ayant pour coutume d’engendrer la violence.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *