PO : Le quartette se réunit

Prévue de longue date, la réunion du «quartette» devait se tenir ce mardi en marge de la 57ème assemblée générale de l’ONU à New York, où la question irakienne a jusqu’à présent été placée au premier rang. Cette rencontre, qui intervient après celle de mi-juillet, doit réunir les chefs de la diplomatie américaine Colin Powell, russe Igor Ivanov, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère Javier Solana et le ministre danois des Affaires étrangère Per Stig Moeller, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne. Cette dernière a d’ailleurs clairement affiché son intention de reprendre le dossier en main après avoir présenté son plan de paix à Yasser Arafat et Ariel Sharon en début de mois. Bien accueillie par le premier, beaucoup moins par le second, cette initiative élaborée par S. Moeller a pour objectif principal la création d’un Etat palestinien indépendant d’ici 2005. Une première phase prévoit un accord sécuritaire entre les Israéliens et les Palestiniens avant les élections de janvier 2003. Sa deuxième phase envisage la création d’un Etat palestinien avec des frontières provisoires en 2003, avant que cet Etat ne soit doté de frontières définitives en 2005.
Face à l’obstination de Washington sur le dossier irakien, plusieurs voix européennes ont aussi tenté de convaincre le président américain de l’utilité et de l’urgence d’un règlement du conflit au Proche-Orient.
Le chef de la diplomate allemande, Joschka Fischer, a ainsi estimé lundi « qu’une solution de paix au Proche-Orient contribuerait de manière considérable à la stabilité régionale, à la lutte contre le terrorisme et au contrôle des armes de destruction massive ». En cas d’accord de paix israélo-palestinien, «le régime irakien ne se trouverait-il pas ainsi davantage isolé ? Et cela ne créerait-il pas une pression politique plus grande pour un changement?», s’est-il interrogé. Le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a de son côté exhorté la communauté internationale à poursuivre activement ses efforts. «Il faut faire preuve de détermination, il est important de maintenir une perspective politique sur un dossier comme celui-ci », a-t-il estimé, insistant sur la « responsabilité globale de la communauté internationale et des Nations Unies». Samedi, George W. Bush s’était contenté de dire que «l’Amérique était en faveur d’une Palestine indépendante et démocratique vivant à côté d’Israël en paix et en sécurité», ajoutant que les Palestiniens, «méritaient un gouvernement au service de leurs intérêts et à l’écoute de leur voix». Allusion très claire à Yasser Arafat. Tandis que ce mardi plusieurs responsables européens entendaient aussi relancer l’idée d’une conférence internationale sur le Proche-Orient, les violences se sont poursuivies sur le terrain.
L’armée israélienne a arrêté dans la nuit vingt-trois Palestiniens près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza. Une unité appuyée par des blindés a aussi affirmé avoir découvert et détruit dans le secteur nord de Khan Younès neuf ateliers clandestins de production d’armements, mais aussi la maison de Youssef Egha dont le fils, un militant du Hamas, avait été tué il y a huit mois lors d’une attaque sur une colonie juive dans cette zone. Une explosion – d’origine encore inconnue – s’est enfin produite dans la cour d’une école palestinienne de Cisjordanie, située au carrefour de Ziff au sud de Hébron, faisant plusieurs blessés parmi les élèves.

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