Polémique autour de la succession de Benazir Bhutto

L’assassinat de l’ex-Premier ministre a plongé le pays dans une crise politique et a déclenché une flambée de violences à quelques jours du scrutin.Cette crise qui a causé au moins 38 morts en 3 jours a été suspendue suite à un appel du parti de Benazir Bhutto. La commission électorale pakistanaise doit se réunir ce lundi pour évoquer les conséquences des violences sur le scrutin. Elle pourrait proposer un report. Pour le porte-parole du parti au pouvoir, le scrutin perdrait toute crédibilité s’il était maintenu à la date prévue. Les dirigeants du PPP étaient réunis dimanche dans la demeure de Benazir Bhutto à Naudero, dans le sud du Pakistan, pour désigner son successeur et décider de sa position vis-à-vis du scrutin. Le parti n’a pas encore dit s’il boycotterait les élections en cas de maintien à la date du 8 janvier. Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées devant la maison, scandant des slogans hostiles au gouvernement pakistanais. La foule a accusé le président Pervez Musharraf d’être impliqué dans l’assassinat jeudi de l’ancienne chef du gouvernement, demandant que sa province natale de Sindh ne fasse plus partie du Pakistan. La succession de Bhutto qui s’était auto-proclamée présidente à vie du PPP fondé par son père et dont personne n’imagine qu’il survive si son futur chef n’a pas de sang Bhutto dans les veines. La réunion de son parti devrait permettre, sinon de le nommer, au moins de se faire une idée de qui sera le successeur, le fils de l’ex-Premier ministre, Bilawal Zardari, un étudiant de 19 ans seulement. Certains n’y sont pas favorables. «Bilawal ne tient pas beaucoup à entrer dans l’arène politique», commente l’ex-porte-parole de Mme Bhutto, Sherry Rehman. S’il est finalement choisi, un collectif, une sorte de «conseil», «le cornaquerait jusqu’à ce qu’il soit mûr», fait-on savoir dans son entourage. Au cours de la réunion de Naudero, Bilawal devrait lire les dernières volontés de sa mère. Benazir Bhutto a dû son ascension politique, qui l’a conduite à devenir la première femme de l’Histoire dirigeante d’un pays musulman en 1988 à l’âge de 35 ans, au véritable culte dont jouit encore son père dans tout le pays.

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