Pour un État Palestinien démocratique…

Pour un État Palestinien démocratique…

De nouvelles informations apparaissent sur les déclarations du président Bush lors de sa rencontre, à la Maison-Blanche jeudi dernier, avec Mahmoud Abbas. Le président américain a tenu à faire clairement confirmer : « l’existence d’une seule autorité et une seule armée restent les conditions à la création d’un Etat palestinien démocratique ». A cela, le président de l’Autorité palestinienne a répondu qu’il n’avait pas l’intention de priver le Hamas de son droit de se présenter aux élections parlementaires. Mais , parallèlement, il entendait prendre les mesures militaires qui s’imposaient contre toute organisation reprenant des actions de violence contre Israël. Et ceci, dans la mesure où celui-ci levait son opposition à la fourniture d’armes et  d’équipements aux forces de sécurité palestiniennes. A Washington, on admet que des promesses, à cet effet, ont été faites à Mahmoud. Mais, précise-t-on pour répondre aux inquiétudes israéliennes, elles restent, dans le cadre de la ligne traditionnelle, sans rien apporter de nouveau par rapport à la lettre adressée à Ariel Sharon en avril 2004.
Contrairement à l’opposition israélienne, les Américains ont, également, répondu positivement et largement, aux demandes palestiniennes, en élargissant les compétences de leur coordinateur de sécurité, le général William Ward. Au-delà de sa mission primitive de soutien à l’Autorité palestinienne pour l’application des réformes de ses services sécuritaires, le général Ward s’occupera de la coordination et de la médiation entre les forces de sécurité des Israéliens et des Palestiniens. Pour cette décision, Mahmoud Abbas a salué la volonté américaine de s’impliquer, plus encore, dans le processus de paix de la région.
Sur le plan politique, l’Administration américaine a décidé d’approfondir son engagement, en augmentant les visites, dans la région, de Condoleezza Rice mais, aussi, du vice-président du Conseil national américain de sécurité, Eliot Abrams et du conseiller du président pour le Moyen-Orient, David Woltz. De même, il apparaît que George W.Bush ait décidé d’intervenir auprès de Sharon, pour obtenir du gouvernement israélien, dès dimanche dernier, la libération de 400 prisonniers palestiniens, conformément aux engagements pris à Charm El Cheikh pour la libéralisation de 900 prisonniers (500 ont déjà été libérés).
Dans un éditorial, le quotidien Haaretz marque son étonnement à la suite des protestations de deux meneurs du pari de Sharon, le Likoud, Uzi Landau, chef des rebelles de l’extrême droite et Adin Stanitz, président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement (Knesset). Ils considèrent avoir relevé une contradiction entre la lettre de Bush à Sharon, en avril 2004, et les déclarations du président américain à la suite de sa rencontre avec Mahmoud Abbas. En fait, selon Haaretz, les paroles du président Bush ne contredisent en rien la « feuille de route » adoptée par Israël. Ce document, selon Haartez, établit que : « l’accord entre les parties aboutira à la création d’un Etat palestinien souverain. Il réglera le conflit israélo-palestinien et mettra fin à l’occupation commencée en 1967. Cet accord se fonde sur les bases de la Conférence de Madrid et sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité (retour des territoires conquis vers des frontières sûres et reconnues). Il se base, également, sur l’initiative saoudienne adoptée par la Ligue arabe, et, de nouveau confirmée au Sommet d’Alger, prévoyant comme condition, le retrait aux lignes de cessez-le-feu de 1949 ».
Le journal Haaretz tient à rappeler que le principe de l’accord entre les parties figure, également, dans la lettre, du 14 avril 2004, sur les concentrations des populations dans certaines implantations israéliennes en Cisjordanie –interprétées comme des blocs de colonies- .
Le texte de la lettre est clair : « A la lumière des nouveaux faits dont l’existence de centres importants de population israélienne dans les territoires, il sera irréaliste de croire que le résultat des négociations aboutisse à un retour, pur et simple, aux lignes de 1949 ». Et le texte de la lettre ajoute : « Il est réaliste de s’attendre à ce que l’accord final soit basé uniquement sur des changements mutuellement acceptés ». Ceci signifie, selon Haaretz, que la position américaine oblige à tenir compte des réalités sur le terrain, mais elle n’a ni la volonté, ni les moyens de l’imposer aux parties…
Donc, le président Bush n’a pas varié, par rapport à sa position dans le cadre de la « feuille de route » et dans sa lettre d’avril 2004. Cette position comporte trois points, au départ, tout d’abord, les lignes de cessez-le feu de 1949. Ensuite, il faut tenir compte des concentrations de population israélienne. Enfin, la frontière doit être tracée d’un commun accord. Seul, Mahmoud Abbas aurait, ainsi, raison de se plaindre, car, pas plus que dans sa lettre d’avril 2004, le président n’a fait, devant lui, aucune allusion aux contreparties qu’Israël devra donner aux Palestiniens, pour « veiller » aux concentrations de population (« blocs de colonies »)… probablement, parce que Mahmoud Abbas n’a pas expliqué au président Bush, son programme pour la déclaration de l’Etat palestinien, démocratique et souverain, dans le cadre initial des lignes de 1949, mais d’emblée de l’ouverture, -inscrite au dernier stade de l’accord-, des négociations immédiates pour définir les frontières définitives de l’Etat palestinien… Le Président et la direction de l’Autorité Palestinienne sont très satisfaits du résultat de la « première » rencontre et son avertissement à Isarël de « ne faire aucune action contraire à ses engagements de part la feuille de route »… Il faudra, donc, attendre la « deuxième » rencontre après les élections législatives du 17 juillet prochain…
En attendant, le général Moshé Yaalon a quitté son poste de chef d’état-major de l’armée israélienne, mercredi dernier, après 3 ans de mandat. Car le ministre de la Défense, Shaül Mofaz, en accord avec Sharon, a refusé de lui prolonger son mandat… Ce qui expliquerait, après 37 ans de service à Tsahal, la vision pessimiste du général, en particulier après le désengagement à Gaza.
D’où son interview, au quotidien Haaretz. Il dit « sans engagement israélien vers un autre pas, après le retrait de Gaza, il y aura une reprise des violences ». Avec des tirs, des attentats suicides, des obus de Kassam sur le centre du pays, le sort des villes de Kfar Saba, de Tel-Aviv et de Jérusalem, sera celui de la ville de Sdérot (cible à partir du sud de Gaza).
Pour le général Yaalon, malgré sa modération tant vantée, dit-il, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), n’a pas renoncé au droit au retour des réfugiés palestiniens : et pas, seulement, au sens symbolique (ou matériel) , mais, à la négation de l’existence de l’Etat d’Israël. La solution de deux Etats, pour deux peuples, considère le général, n’est est plus une. Elle n’est plus actuelle… Elle était possible dans le passé, mais le président Yasser Arafat en a saboté la possibilité, affirme le général Yaalon. C’est un conte des pays arabes destiné à l’Occident et nous, aussi, ajouta-t-il, nous faisons semblant d’y croire.
La création de l’Etat palestinien, désarmé, est une illusion. Elle signifie, à terme, une nouvelle guerre contre Israël. A l’heure actuelle, les Palestiniens, selon le général Yaalon, préfèrent l’existence de «Bandes», à celle d’un Etat. Peut-on parler de démocratie, quand l’Autorité palestinienne autorise le Hamas à participer aux élections, sans auparavant, se dessaisir de ses armes : c’est une culture de « Bandes » (comme celle de Gaza) qui veulent faire croire à la démocratie.
Si le Fatah continue à se conduire comme aujourd’hui, affirme le général Yaalon, le Hamas ne tardera pas à s’emparer du pouvoir dans la Bande de Gaza…
Dans une interview au journal de Londres, Charq El Aoussat, le général estime « les Egyptiens n’en font pas assez pour éviter le trafic d’armes vers Gaza, à travers le Sinaï. Sur le front Nord, Israël peut se défendre sans occuper le Golan. Nous pouvons quitter le plateau dans le cadre d’une paix véritable avec la Syrie », a conclu le général Yaalon… Après de telles déclarations de tout bord, personne ne peut dire à quel parti politique l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Général de réserve Moshé Yaalon, va-t-il adhérer…

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