Poursuite des violences malgré la médiation de Kofi Annan

Les violences post-électorales au Kenya se poursuivaient dimanche avec plus d’une centaine de tués depuis jeudi dans la Vallée du Rift où se concentrent désormais les troubles, tandis que Kofi Annan tente de dénouer la crise en rencontrant le chef de l’opposition M. Odinga. Au moins 116 personnes ont été tuées depuis jeudi, selon un décompte effectué par l’AFP. Vingt-six nouvelles victimes ont été dénombrées dans cette région depuis samedi soir, 11 à Nakuru, la capitale provinciale, neuf à Naïvasha et six à Timboroa, a-t-on appris de sources policières et auprès d’un correspondant.
«Pour le moment, nous avons 17 (nouvelles) victimes, 11 dans le bidonville de Manyani à Nakuru (capitale provinciale) et six à Timboroa (à proximité de la ville d’Eldoret)», a indiqué à l’AFP, dimanche matin, un responsable de la police kényane sous couvert de l’anonymat.
«Six d’entre elles ont été tuées à Timboroa lorsque des jeunes armés ont attaqué des villages alentours et brûlé des maisons», a précisé cette source.
Neuf autres personnes ont péri dans des affrontements entre groupes de jeunes rivaux à Naïvasha, située à 90 km au nord-ouest de Nairobi, a constaté un correspondant de l’AFP.
Le Kenya, l’un des pays d’Afrique les plus stables jusqu’à la fin de l’année dernière, traverse une crise majeure née de la contestation des résultats officiels de l’élection présidentielle du 27 décembre.
La Vallée du Rift est devenue ces derniers jours l’épicentre de ces violences dans lesquelles s’affrontent notamment des membres de la communauté kalenjin, qui a majoritairement soutenu M. Odinga, et leurs voisins Kikuyus, l’ethnie de M. Kibaki
Ces violences dans la Vallée du Rift viennent s’ajouter, et largement se confondre, à d’autres plus anciennes liées à des conflits fonciers récurrents qui donnent régulièrement lieu à des explosions de violences meurtrières dans la région.
Samedi, après une visite dans la Vallée du Rift pour constater l’ampleur de la crise, l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, désigné médiateur de l’Union africaine (UA) dans la crise kényane, a dénoncé à son retour à Nairobi des violations «systématiques et graves des droits de l’Homme».
Dimanche midi, il poursuivait ses efforts de médiation et s’est entretenu dans un grand hôtel de la capitale avec M. Odinga et l’état-major de son Mouvement démocratique orange (ODM).
M. Annan a toutefois prévenu samedi qu’il n’allait pas rester au Kenya «des mois». «Le temps presse et les dirigeants doivent travailler avec nous aussi rapidement que possible», a-t-il insisté.

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