Powell-Sharon : Une rencontre stérile

Lors d’une brève conférence de presse à l’issue de plus de quatre heures d’entretiens avec le premier ministre israélien, le secrétaire d’Etat américain a déclaré ne pas avoir eu de «réponse précise sur le moment» de la fin des opérations militaires.
Sharon a, de son côté, souligné qu’ «Israël espère terminer bientôt» son offensive contre «les infrastructures terroristes». Pour mieux faire passer la pilule, il a salué le président Bush, «un véritable ami d’Israël» qui «dirige avec courage le monde libre dans sa guerre contre le terrorisme », en insistant sur le fait que les Américains étaient des «amis » d’Israël et que cette «amitié» durerait «toujours».
Colin Powell, dont c’est la troisième mission dans la région depuis l’arrivée de l’administration Bush à la Maison Blanche en janvier 2001, espérait convaincre le Premier ministre israélien de cesser son offensive militaire sans précédent en Cisjordanie. Sharon a catégoriquement refusé jusqu’ici de se plier aux injonctions américaines à mettre fin aux opérations militaires en cours depuis le 29 mars.
Colin Powell devait ensuite s’entretenir avec son homologue israélien Shimon Peres puis samedi avec le président palestinien Yasser Arafat, duquel il compte exiger une dénonciation publique du « terrorisme ». La tournée du chef de la diplomatie américaine l’a déjà conduit dans trois pays arabes (Maroc, Egypte et Jordanie), dont les dirigeants ont réaffirmé leur soutien à M. Arafat, président élu des Palestiniens, et qualifié par Ariel Sharon d’ «ennemi d’Israël et du monde libre». D’un autre côté, Ahmed Maher, le ministre égyptien des Affaires étrangères a rencontré vendredi Yasser Arafat. M. Maher a été autorisé à rencontrer le président palestinien, assiégé dans son QG de Ramallah depuis le lancement d’une vaste offensive de l’armée israélienne en Cisjordanie le 29 mars, en dépit de la volonté d’Ariel Sharon d’isoler totalement M. Arafat. Sharon a répondu à une demande personnelle du président égyptien Hosni Moubarak pour que son chef de la diplomatie puisse rencontrer M. Arafat après une promesse égyptienne d’exercer des pressions «en faveur d’un cessez-le-feu et la fin du terrorisme», a indiqué la radio israélienne.
Alors que l’issue de la mission de M. Powell semble incertaine dans une région qui fait face à sa plus grave crise depuis la guerre du golfe en 1991, l’armée israélienne a reconnu que des centaines de Palestiniens ont été tués ou blessés à Jénine. Réagissant à ces annonces, le haut responsable palestinien Saëb Erakat a demandé à M. Powell d’aller constater « les massacres israéliens » dans le camp de réfugiés et appelé les Nations à créer une commission d’enquête internationale. Pour sa part, Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, a estimé, vendredi à Genève, «urgent, impératif », le déploiement d’une force internationale au Proche-Orient en raison de la dégradation de la situation humanitaire et des droits de l’Homme.
A l’issue de son discours devant la commission des droits de l’homme, vendredi à Genève, Annan a déclaré à la presse que «la situation est si dangereuse et la situation des droits de l’Homme si épouvantable que, j’estime que la proposition selon laquelle une force devrait être envoyée là-bas pour créer un environnement sûr et pour fournir un espace à des négociations, ne peut être différé ». de son côté, la Jordanie, limitrophe des territoires palestiniens et d’Israël avec qui elle est liée par un traité de paix, s’active à trouver un mécanisme crédible de paix qu’elle souhaite faire adopter par Washington. En recevant jeudi le secrétaire d’Etat américain, le roi Abdallah II a proposé les bons offices de son pays dans la mission de M. Powell, le monde arabe étant « très inquiet» de la possibilité qu’elle échoue.

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