Prémices de guerre entre Fatah et Hamas

Les territoires sous autorité palestinienne ressemblent de plus en plus à une poudrière. Pris entre l’ire vengeresse d’un Hamas intransigeant et d’un Fatah en perte de vitesse, le peuple palestinien souffre le martyre. Après la misère, place au spectre de la guerre civile. L’appel au calme lancé par le président Mahmoud Abbas n’a guère servi à grand-chose.
Au lendemain des menaces proférées par les Brigades des martyrs d’Al Aksa contre les dirigeants du Hamas, trois hommes cagoulés ont tué par balles un responsable du mouvement islamiste, alors qu’il quittait mercredi une mosquée de Cisjordanie.
L’homme qui a été abattu dans la ville d’Hable s’appelle Mohammed Odde, âgé de 37 ans et était membre du Hamas.
Les Brigades des martyrs d’Al Aksa, faction armée liée au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, avaient menacé pour la première fois mardi de tuer des dirigeants du Hamas, dont son chef en exil Khaled Mechaâl.
Ces déclarations ont marqué une nouvelle escalade dans la lutte pour le pouvoir entre le Fatah et le Hamas, vainqueur des législatives de janvier, après deux jours d’affrontements entre les partisans des deux mouvements qui ont fait 12 morts et plus de 100 blessés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Dans un communiqué, les Brigades des martyrs d’Al Aksa tiennent Khaled Mechaâl, le ministre palestinien de l’Intérieur Saïd Seyam et un haut responsable de son ministère, Youssef al Zahar, pour responsables de ces morts.
«Nous annonçons, avec force et franchise, le verdict du peuple au sein de la patrie et dans la diaspora, d’exécuter les chefs de la sédition, Khaled Mechaâl, Saïd Seyam et Youssef al Zahar et nous exécuterons ce verdict pour qu’il puisse servir d’exemple», peut-on lire sur le texte.
Un député du mouvement intégriste, Mouchir al Masri, a jugé que les Brigades jetaient de l’huile sur le feu. Le Hamas, a-t-il répondu, «ne fera preuve d’aucune pitié» si l’un de ses dirigeants est la cible des «chefs de file d’un coup d’Etat intérieur».
Un porte-parole des Brigades des martyrs d’Al Aksa a décrit ce communiqué comme une «réponse naturelle» à l’ordre donné par Seyam à ses forces de prendre le contrôle des rues de Gaza dimanche face aux policiers du Fatah en grève pour réclamer le versement de leurs salaires. Il n’a pas voulu dire si cette déclaration reflétait le point de vue de l’ensemble du mouvement ou seulement de certaines factions.
Les bailleurs de fonds internationaux, Union européenne et Etats-Unis en tête, rappelle-t-on, avaient décidé de couper les vivres à l’Autorité palestinienne après l’investiture, en mars dernier, du gouvernement formé par le Hamas ; un mouvement considéré par les pays occidentaux comme une organisation terroriste. Ils ont exigé que ce dernier reconnaisse Israël et les accords signés avec l’Etat hébreu. Chose que Hamas refuse toujours de faire.


 Tournée de Mme Rice


Avant d’arriver dans les territoires palestiniens, la secrétaire d’Etat américaine s’est rendue à Djeddah en Arabie Saoudite puis au Caire où elle a rencontré ses homologues d’Egypte, de Jordanie et des pays du Golfe. Elle a appelé les Palestiniens à mettre fin aux violences entre militants du Hamas et du Fatah qui ont fait au moins 10 morts depuis dimanche. Elle a aussi souhaité un changement de gouvernement. Elle a déclaré que « les Palestiniens ont besoin d’un gouvernement qui puisse représenter l’intérêt du peuple et qui puisse être engagé à lui apporter le bien-être et qui soit engageant pour la communauté internationale. Il faudra que ce soit, bien sûr, un gouvernement en accord avec le large consensus dans la région selon lequel la création de deux Etats est la réponse aux aspirations à la fois des Palestiniens et des Israéliens ».


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