Présidentielle sur fond de boycott

Présidentielle sur fond de boycott

Un pavé dans la mare. Ainsi pourrait-on qualifier la décision des mouvements islamiques palestiniens. Ceux-ci ne seront pas de la partie lors de la prochaine élection présidentielle palestinienne. C’est du moins ce qu’ont annoncé Hamas et le Jihad islamique. Les deux mouvements ont, en effet, l’intention de boycotter la deuxième présidentielle de l’Histoire de la Palestine, l’unique étant celle de 1996, qui avait été remportée par Yasser Arafat. Ce rejet s’explique par la position des deux mouvements vis-à-vis des Accords d’Oslo de 1993, non-reconnus par Hamas et le Jihad islamique. «L’élection présidentielle est illégale. ( ) Cette élection est un prolongement du processus d’Oslo qui a déjà échoué et qui est fini», estime Mahmoud Zahar, considéré comme le principal chef du Hamas dans la bande de Gaza, dans une déclaration reprise par l’AFP.
Pour sa part, Nafez Azzam, qui parle au nom du Jihad islamique, avait lui aussi souligné que l’organisation, dont il est l’un des chef, boudera ce scrutin. «Le président palestinien élu engagera fatalement un dialogue avec les Etats-Unis et Israël, chose que nous rejetons», a-t-il déclaré.
Les mouvements d’opposition palestiniens de gauche risquent, eux aussi, de ne pas participer à cette élection présidentielle, comme ils l’avaient fait lors de la première en 1996. Cela dit, les principales formations de gauche ne se sont pas encore prononcé, officiellement, sur un éventuel boycott, sinon une participation au scrutin présidentiel.
Cependant, les raisons de la gauche palestinienne sont tout à fait différentes de celles des mouvements islamiques. En effet, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) optent, en fait, pour des élections générales et pas seulement présidentielles. Le FPLP et le FDLP justifient leur position par un soucis de symbiose entre le futur président et le Parlement palestiniens. Pour le FPLP, un membre du Bureau politique, Jamil Majdalawi, met en garde contre le risque de se retrouver avec des Institutions obsolètes. «Le FPLP est pour la tenue d’élections générales. Nous sommes contre la tenue d’un scrutin présidentiel seulement, sans l’annonce d’un calendrier pour l’organisation d’élections générales car nous risquons de nous retrouver avec des institutions désuètes», a-t-il indiqué dans une déclaration reprise par l’AFP.
Du côté du FDLP, le même son de cloche était perceptible : des élections générales sont vivement souhaitées, avec une référence aux prévisions initiales de l’Autorité palestinienne. «Les élections doivent être générales et ne pas se limiter à un scrutin présidentiel. ( ) Si des élections législatives et municipales ne peuvent se dérouler en même temps que la présidentielle, elles devront avoir lieu en mars, au plus tard, comme prévu initialement par l’Autorité palestinienne », a souligné Saleh Zeidan, membre du Bureau politique du FDLP.
Faisant face à cette éventuelle vague de boycott, Mahmoud Abbas, qui a succédé au président défunt ,Yasser Arafat, à la tête de l’OLP, entendait procéder, hier mercredi, à une série d’entretiens avec les principaux opposants à ce scrutin présidentiel. Après les responsables du FPLP et du FDLP, Abou Mazen devrait rencontrer à nouveau Mahmoud Zahar du Hamas, afin d’examiner la question des élections. Le souci de Mahmoud Abbas, ainsi que des autres parties, étant de préserver l’unité nationale.
Par ailleurs, la cause du décès de Yasser Arafat continue de nourrir la polémique. La thèse de l’empoisonnement toujours à l’ordre du jour, les médecins français estiment que celle-ci n’est que pure spéculation. Selon le journal français «Le Monde», c’est une maladie du sang connu sous le nom de «Coagulation intravasculaire disséminée» qui aurait mis fin aux jours du Raïs. «Le Canard enchaîné», quant à lui, parle de cirrhose de foie qui aurait été à l’origine du décès du président palestinien. Il faut toutefois éviter de faire l’analogie entre «cirrhose» et «alcool».
En tous les cas, le contenu du rapport médical sur la mort d’Abou Âmmar ne sera pas révélé de sitôt, le secret médical sur sa mort ne semble pas près d’être levé pour demain.

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