Privation de nourriture et d’eau : Arme de guerre en Irak

Dans un rapport présenté devant la session annuelle de la Commission des droits de l’Homme de l’Onu, Ziegler estime que "la situation du droit à l’alimentation en Irak est très préoccupante". Le rapport fait état de difficultés d’approvisionnement en eau potable pour la population irakienne et "d’allégations selon lesquelles des sources d’approvisionnement en eau ont été coupées délibérément par les forces de la coalition". "Ce qui est prouvé est qu’à Falloujah (…) le blocus sur l’alimentation et la destruction des réservoirs d’eau ont été utilisés comme arme de guerre", a affirmé ensuite Ziegler lors d’une conférence de presse après la présentation de son rapport.
Il s’agit selon lui "d’une violation évidente des conventions de Genève" sur la protection des civils en temps de guerre.
Le rapporteur a cependant souligné qu’il ne portait pas de jugement sur l’opportunité de l’invasion de l’Irak ni sur les tactiques utilisées par la coalition menée par les Etats-Unis.
"Je m’en tiens simplement à la dénonciation ferme des conséquences humanitaires de cette stratégie et tactique militaires appliquées depuis mars 2003 par les forces d’occupation", a-t-il déclaré aux journalistes, dénonçant "l’utilisation du déni de nourriture et de la destruction d’installations d’assainissement d’eau comme arme de guerre".
Se référant à diverses études publiées dans la presse l’an dernier, le rapport de M. Ziegler note que "la malnutrition chez les enfants irakiens de moins de cinq ans a presque doublé, passant de 4 à 7,7%" depuis la chute de Saddam Hussein.
"Un quart de tous les enfants irakiens souffrent de sous-alimentation chronique et la mortalité infantile augmente de mois en mois", a déclaré le rapporteur lors de sa conférence de presse, dénonçant une "tragédie humanitaire" en Irak.
Ziegler estime également dans son rapport que l’invasion de l’Irak et la lutte anti-terroriste ont drainé des fonds qui auraient été mieux utilisés à combattre la famine. "Le montant de l’aide fournie pour promouvoir le développement et pour lutter contre la faim baisse tandis que l’argent est redirigé vers la lutte contre le terrorisme et le renforcement de la sécurité nationale", affirme le document. "Et pourtant, la lutte contre le terrorisme devrait inclure des efforts pour réduire la faim, la pauvreté et les inégalités".
Evoquant devant la presse la situation dans les territoires palestiniens, Ziegler a estimé que pour l’instant, sur le plan humanitaire, "rien n’a changé". "Les confiscations de terres par les Israéliens se poursuivent, les blocus sont toujours là dans les territoires", a-t-il dit.

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